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EspècesNœuds
Brème de mer
Photo : Piscary

Brème de mer

Brama brama · Bramidae

  • Mer
  • Grands pélagiques
  • Moyen
  • Taille

    40–100 cm

  • Poids

    0,8–6,0 kg

  • Longévité

    9 ans

  • Temp. eau

    12–24 °C

  • Profondeur

    0–1 000 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

La brème de mer est un poisson pélagique de haute mer au corps comprimé latéralement, avec un profil arrondi, des écailles carénées bien visibles et une grande nageoire caudale en faucille. Sa robe est uniformément gris-argenté à reflets métalliques. Elle fréquente les eaux tempérées et subtropicales de l'Atlantique et des autres océans à des profondeurs moyennes.

Calendrier

Signalée dans 9 pays

Argentine · Australie · Belgique · Espagne · Irlande · Norvège · Nouvelle-Zélande · Pays-Bas · Royaume-Uni

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Trois océans : l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique sud. Dans l’Atlantique est, l’aire va de la Norvège centrale jusqu’à la baie d’Algoa, en Afrique du Sud, d’une seule traite. Dans l’Atlantique ouest, elle court de la Nouvelle-Écosse et des Bermudes jusqu’au Belize et aux Antilles, avec des mentions séparées du Brésil et d’Argentine.

Le dossier ajoute une qualification qui compte : l’espèce est classée grand migrateur. La formule n’est pas descriptive, elle est administrative — elle désigne les poissons dont le stock traverse les zones de plusieurs États et la haute mer, et dont personne ne dispose seul.

Le reconnaître

Les nageoires impaires sont écailleuses. La dorsale et l’anale portent des écailles sur toute leur surface et des rayons rigides à l’intérieur : elles se comportent comme des prolongements du corps et non comme une membrane tendue sur une armature. Un doigt passé à leur base ne les replie pas.

Aucune épine nulle part. Trente-cinq à trente-huit rayons mous à la dorsale, vingt-neuf à trente-deux à l’anale, sur quarante et une à quarante-cinq vertèbres. C’est une longue nageoire molle qui court sur presque toute la longueur du dos, et autant dessous.

Le corps est haut, fortement aplati sur les côtés, et le profil de la tête monte du museau à la nuque par une courbe raide. Les écailles sont carénées et bien visibles, la robe uniformément gris argenté à reflets métalliques, et la caudale, grande, dessine une faucille nette.

La longueur courante est de quarante centimètres à la base de la queue, et l’âge le plus élevé rapporté est de neuf ans. Aucune taille de première maturité n’est publiée.

L’eau qu’il lui faut

L’intervalle thermique est la donnée qui explique le reste : douze à vingt-quatre degrés. Ce poisson n’habite pas une région, il habite une plage de température, et il la suit.

Il dispose pour cela d’une réserve de profondeur considérable. La bande habituelle est celle des deux cents premiers mètres, mais la plage enregistrée descend à mille. Sous une surface trop chaude, l’eau à douze-vingt-quatre degrés existe toujours, plus bas ; il suffit de la rejoindre. C’est une façon de lire une aire qui contient à la fois la Norvège et le Belize, sans avoir à supposer une tolérance thermique très large.

C’est une espèce océanique et épipélagique, qui ne s’approche des côtes qu’à l’occasion, et qui circule en petits bancs.

Zones

  • Pleine mer hauturière
  • Talus continental
  • Fosses océaniques
  • Eaux pélagiques profondes

Techniques

  • Pêche à la dérive profonde
  • Palangre pélagique
  • Pêche de nuit au vif
  • Traîne profonde

Appâts

  • Encornets
  • Petits poissons entiers
  • Crevettes
  • Maquereau

Ce qu’il mange

Il est opportuniste, et la liste publiée montre ce que le mot recouvre exactement : petits poissons, céphalopodes, amphipodes et euphausiacés.

L’écart entre les deux bouts de cette liste est le point intéressant. Amphipodes et euphausiacés sont des bestioles d’un ou deux centimètres, avalées en nombre ; calmars et petits poissons sont des proies uniques plusieurs fois plus grosses. Un animal qui exploite les deux extrémités d’une telle gamme n’est ajusté à aucune proie en particulier — et c’est précisément ce qui permet à un migrateur saisonnier de se nourrir dans une eau où il vient d’arriver.

Comment le pêcher

Le thermomètre remplace le calendrier. Le dossier rattache explicitement les déplacements saisonniers à la température et non à une date, ce qui donne la forme pratique du fait : l’arrivée de ce poisson dans un secteur est un événement thermique. Elle se produit quand l’eau atteint un état, et cet état n’arrive pas la même semaine chaque année — l’écart se compte en semaines dans les deux sens.

La profondeur décide ensuite de la présentation. La tranche habituelle étant celle des deux cents premiers mètres, un appât qui travaille le haut de la colonne est au bon endroit la plupart du temps. Mais la plage descend à mille mètres, et un poisson qui ne se montre pas près de la surface a beaucoup d’eau sous lui pour être ailleurs.

Le petit banc est l’unité. L’espèce n’arrive pas en tonnages, et une capture vaut mieux comme point de départ que comme fait isolé.

Conservation

Une pêcherie commerciale s’exerce sur trois océans, sur un poisson classé grand migrateur, et rien n’a jamais été publié sur sa reproduction. Ni saison de ponte, ni fécondité, ni taille de première maturité, ni site : la partie de sa biologie qui dirait ce que la pêche peut prélever n’a pas été mesurée.

Ce n’est pas un motif d’alarme, c’est une limite de ce qui est connaissable. Faute de longueur de maturité, la composition en tailles des débarquements ne constitue pas un signal, et une pêcherie qui travaille un poisson de neuf ans le fait sans le seul chiffre qui lui dirait si les individus du filet avaient frayé.

Le statut de grand migrateur ajoute que la réponse ne peut pas être nationale. Un stock qui traverse des océans entiers ne se redresse pas dans les eaux d’un seul pays.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Brème de mer en français, grande castagnole dans la nomenclature des pêches, et Ray’s bream dans la littérature britannique — nom sous lequel il faut la chercher dans les textes anciens de l’Atlantique nord-est.

Aucun de ces noms ne la situe correctement. Elle appartient aux Bramidae, et elle n’est ni une brème ni une carangue quelle que soit la silhouette : la ressemblance porte sur un plan d’organisation, cette forme haute et plate à laquelle des poissons de pleine eau sans parenté sont arrivés plusieurs fois séparément.

Le nom scientifique est un tautonyme, genre et espèce répétant le même mot. Cela se produit quand l’espèce est celle autour de laquelle le genre a été bâti.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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