
Brème commune
Abramis brama · Cyprinidae
- Eau douce
- Carpes & blancs
- Moyen
- Taille
25–82 cm
- Poids
0,2–6,0 kg
- Longévité
23 ans
- Temp. eau
10–24 °C
Où le pêcher
- Rivière
- Lac
- Étang
- Canal
Icônes des milieux : Flaticon
Corps très comprimé latéralement - Forme de bancs importants - Combattivité médiocre
Calendrier
Signalée dans 23 pays
Allemagne · Autriche · Belgique · Biélorussie · Danemark · Estonie · Finlande · France · Hongrie · Irlande · Italie · Lituanie · Luxembourg · Norvège · Pays-Bas · Pologne · Royaume-Uni · Russie · Slovaquie · Suède · Suisse · Tchéquie · Ukraine
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
La brème occupe la plupart des bassins européens, de l’Adour à la Petchora, plus le bassin égéen dans le lac Volvi et les bassins de la Struma et de la Maritza. En Asie, elle va du bassin de Marmara jusqu’à celui de l’Aral.
Elle est naturellement absente de la péninsule ibérique, du bassin adriatique, d’Italie, d’Écosse et de la Scandinavie au nord de Bergen et du soixante-septième parallèle en Finlande.
Des introductions l’ont installée en Irlande, en Espagne, dans le nord-est de l’Italie, ainsi qu’au lac Baïkal et dans les hauts bassins de l’Ob et de l’Ienisseï.
Le reconnaître
La silhouette se reconnaît de loin : un corps très haut et fortement aplati latéralement, si mince vu de face qu’on l’a longtemps comparé à une assiette. C’est la forme d’un poisson qui fouille le fond et manœuvre entre les herbiers, pas d’un nageur de courant.
Le caractère le plus sûr est l’anale. Elle porte vingt-trois à trente rayons branchus et demi, et sa base est deux fois plus longue que celle de la dorsale. Aucun autre cyprinidé de nos eaux ne présente cette proportion.
La bouche est sub-infère et protractile : elle se déploie en tube vers le bas pour aspirer la vase. Chez les sujets de plus de dix centimètres, l’œil mesure environ deux tiers de la longueur du museau — proportion qui sépare la brème de la bordelière, avec laquelle elle se confond souvent en petite taille.
La ligne latérale compte cinquante et une à soixante écailles, les dents pharyngiennes sont sur un seul rang, cinq de chaque côté. La robe passe du gris argenté chez les jeunes au bronze sombre chez les vieux poissons, dont les nageoires foncent nettement.
La reproduction
La ponte est précédée d’un déplacement. Beaucoup de populations entament leur migration vers l’amont dès l’automne, la ralentissent pendant l’hiver et la reprennent au printemps ; sur le Dniepr, cette remontée atteint cent kilomètres.
Sur la frayère, les mâles défendent des territoires le long des rives. Les œufs sont collants et se fixent à la végétation ; leur diamètre augmente avec l’âge de la femelle, si bien qu’une vieille brème produit non seulement plus d’œufs mais de meilleurs.
L’espèce forme fréquemment des hybrides fertiles avec le gardon. C’est une source d’erreurs d’identification bien réelle sur les plans d’eau où les deux abondent, et la fertilité de ces hybrides fait que le problème ne se résout pas de lui-même en une génération.
L’eau qu’il lui faut
Les adultes fréquentent une large gamme de lacs et de rivières moyennes à grandes, mais leur optimum est net : bras morts, parties basses des cours lents, estuaires saumâtres, lacs chauds et peu profonds.
Ils circulent en grands bancs dans les eaux dormantes ou lentes. Les larves et les juvéniles restent en eau stagnante et se nourrissent de plancton ; vers un ou deux ans, ils gagnent la rivière pour s’alimenter.
Quand ce passage est impossible, l’espèce s’adapte plutôt qu’elle ne disparaît : les poissons bloqués dans les bras morts grandissent plus lentement et deviennent adultes à plus petite taille. C’est un trait utile à connaître, car il explique les populations de brèmes naines qu’on rencontre dans certains plans d’eau fermés.
Dans les cours inférieurs des grands fleuves, les juvéniles descendent vers les estuaires saumâtres pour se nourrir quand le niveau des zones inondées baisse, puis remontent hiverner en eau douce.
Zones
- Fonds vaseux
- zones profondes calmes
- canaux
- lacs
Techniques
- Feeder
- Anglaise
- Carpe au coup
Appâts
- Vers
- Asticots
- Graines
- Pellets
Ce qu’il mange
La brème mange des insectes, en particulier des larves de chironomes, de petits crustacés, des mollusques et des végétaux. Les grands sujets prennent à l’occasion de petits poissons.
Sa bouche en tube est un outil d’aspiration : elle plonge le museau dans le sédiment, aspire et trie. Un banc en activité laisse des cratères visibles dans la vase et un chapelet de bulles à la surface — signe recherché par ceux qui savent le lire, car il trahit à la fois la présence et la profondeur.
Comment le pêcher
Repérer le banc précède tout le reste. Une brème isolée est une exception ; là où il y en a une, il y en a trente, et le travail consiste à trouver ce rassemblement puis à le fixer.
L’amorçage est donc central, plus que dans presque toute autre pêche d’eau douce. Un banc qui fouille se retient par un tapis d’amorce au fond, et se perd par un excès de bruit ou une amorce mal dosée. La pêche se joue sur le fond, avec des appâts menus adaptés à une bouche qui aspire plutôt qu’elle ne happe.
La touche est lente. Le poisson bascule à l’horizontale pour saisir, ce qui fait souvent remonter le flotteur au lieu de l’enfoncer — un signal contre-intuitif qui coûte des poissons à qui l’ignore.
Les eaux calmes et chaudes de la fin du printemps et de l’été donnent le meilleur, tôt le matin et à la tombée du jour. En rivière, il faut chercher les zones lentes et profondes plutôt que les veines de courant.
Conservation
La brème est abondante, et sa tolérance la met à l’abri de ce qui fait reculer les espèces exigeantes.
Sa faculté d’adaptation aux milieux dégradés en fait même une espèce dominante dans nombre de plans d’eau eutrophes, au point qu’elle est parfois retirée en gestion pour limiter la remise en suspension des sédiments qu’entraîne sa façon de se nourrir.
Le point de vigilance est ailleurs : la brème a besoin de zones inondables et de bras morts pour se reproduire et pour grandir. La déconnexion des annexes hydrauliques touche donc ses jeunes stades bien avant d’affecter les adultes, qui restent longtemps visibles dans un milieu déjà stérile.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Brème commune ou brème bordelière selon l’espèce — la seconde est un autre poisson, plus petit, et la confusion des noms courants est ancienne. Common bream en anglais, Brachsen ou Blei en allemand, brema en italien. Un gros sujet est couramment appelé brème bronzée, en référence à la couleur que prennent les vieux poissons.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org