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EspècesNœuds
Émissole tachetée
Photo : Piscary

Émissole tachetée

Mustelus asterias · Triakidae

  • Mer
  • Requins & raies
  • Moyen
  • Taille

    154 cm

  • Poids

    4,8 kg

  • Profondeur

    0–350 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Plage

Icônes des milieux : Flaticon

L'émissole tachetée est un petit requin côtier au corps élancé gris-brun marqué de petites taches blanches caractéristiques sur les flancs. Elle fréquente les fonds sableux et graveleux peu profonds des côtes européennes, de la Méditerranée à la mer du Nord.

Calendrier

Signalée dans 10 pays

Belgique · Croatie · France · Guernesey · Île de Man · Irlande · Jersey · Norvège · Pays-Bas · Royaume-Uni

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Des îles Britanniques et de la mer du Nord aux Canaries, Méditerranée et Mauritanie comprises — soit du soixante et unième au seizième degré nord.

Comparée à celle de son congénère, qui poursuit jusqu’à l’Afrique du Sud, cette aire s’arrête au seuil des tropiques. Les deux espèces partagent donc entièrement leurs côtes septentrionales, et une seule quitte la zone tempérée. Conséquence pratique pour qui lit des captures : au nord, le mélange est réel et l’identification obligatoire ; au sud de la Mauritanie, la question ne se pose plus.

Le reconnaître

L’espèce porte le nom d’un caractère sur lequel on ne peut pas se reposer. De petites taches blanches sèment le dos gris-brun, elles ont fourni l’épithète asterias — l’étoile, en grec — et le nom courant de l’espèce dans toutes les langues. Elles sont pourtant discrètes chez certains individus, et le congénère de ces mêmes côtes est décrit dans la littérature comme uni ou piqueté de noir.

Il faut donc dire les choses nettement : un requin taché n’est pas automatiquement celui-ci, un requin uni n’est pas automatiquement l’autre, et la couleur des points compte davantage que leur présence.

Le format ne départage pas non plus. La maturité arrive ici vers quatre-vingt-un centimètres, avec une fourchette publiée qui commence à quatre-vingt-cinq, valeurs très proches de celles du congénère. Sur un animal en main, la détermination se joue sur les dents et les denticules cutanés — ce que l’on ne fait pas d’un coup d’œil au bord de l’eau, et ce qui explique que les deux espèces voyagent mélangées dans les criées.

La reproduction

Deux espèces d’un même genre, deux modes de reproduction distincts. Ici, les embryons se développent sans placenta : chacun vit sur la réserve de vitellus qu’il a reçue au départ et ne reçoit plus rien ensuite. La mère porte, elle n’alimente pas.

Le rendement de ce procédé, moins onéreux, se voit dans les chiffres. Les portées comptent sept à quinze jeunes, davantage que chez le congénère placentaire, et la mise bas se fait autour de trente centimètres, contre trente-neuf chez lui. Plus de petits, plus petits, chacun avec une ration fixée d’avance.

L’écart n’est pas une variante de détail à l’intérieur d’un même plan. Une femelle placentaire peut ajuster son investissement pendant la gestation, selon ce qu’elle trouve à manger ; celle-ci engage tout au moment de l’ovulation et ne peut plus rien corriger. Laquelle des deux stratégies encaisse le mieux une pêcherie ne se déduit pas de la seule taille de portée : un petit de trente centimètres part avec moins d’options qu’un petit de trente-neuf.

L’eau qu’il lui faut

Du sable et du gravier. L’espèce est signalée comme recherchant les fonds granuleux propres, de l’estran jusqu’à cent mètres au moins, avec une amplitude enregistrée qui descend à trois cent cinquante.

Elle est commune à la côte comme au large, sur les plateaux continentaux et insulaires : un requin des bancs peu profonds, pas un animal du lointain. Les bancs de sable et de graviers propres sont aussi les fonds les plus fréquentés par les hommes, et c’est ce qui expose cette espèce plus que sa profondeur ne le laisserait croire.

Zones

  • Fonds sableux et graveleux côtiers
  • Plages en surf casting
  • Baies et estuaires

Techniques

  • Pêche au fond à la paternôtre
  • Surf casting nocturne
  • Palangre de fond

Appâts

  • Crabe vert
  • Crevette
  • Calmar
  • Ver de mer

Ce qu’il mange

Crabes, bernard-l’ermite, homards et cigales de mer. Le crustacé n’arrive pas ici en tête d’une liste plus longue : il constitue à peu près toute la liste, et les quatre noms cités sont des décapodes de fonds propres et meubles.

Un régime aussi étroit rend le choix de l’appât évident et fait porter tout l’effort sur le choix du poste. Le requin est là où vivent ces animaux, et il n’est pas ailleurs, un jour sans, à manger autre chose.

Le bernard-l’ermite et la cigale méritent une remarque : ce sont des proies lentes, blindées, qui ne fuient pas très loin. Un prédateur qui vit de cela n’a pas besoin de vitesse, il a besoin d’une mâchoire capable de casser, et il travaille le fond mètre par mètre.

Comment le pêcher

Le crabe est l’appât, et la question ne se discute pas. Une mue ou un crabe dur, posé sur du sable ou du gravier propre, reproduit exactement ce que l’animal cherche déjà.

Le vrai choix est celui du fond. Bancs sableux et graveleux en petite profondeur, travaillés sur la marée, appât tenu au ras du sédiment. Les roches et les grands fonds appartiennent à d’autres pêches.

Côté montage, c’est l’abrasion qu’il faut contrer, pas la coupe : un fil fin ne casse pas sur ces dents, il se lime sur la peau du poisson pendant qu’il roule. L’animal ne présente aucun danger à la manipulation.

Enfin, la plupart des poissons pris sur ces bancs approchent ou dépassent les quatre-vingt-un centimètres de la première maturité. La décision au moment de la prise porte donc sur des reproducteurs, et non sur des jeunes de l’année.

Conservation · Quasi menacée (UICN) — Cette espèce est en déclin. Relâche vite tes prises et manipule-les avec soin — mains mouillées, le moins de temps possible hors de l'eau.

Conservation

L’alerte est venue du côté de l’effort, pas du côté des captures. L’évaluation du 4 août 2020 repose sur les niveaux d’exploitation constatés et potentiels, et non sur une baisse mesurée des effectifs : la pression est chiffrée, le déclin en est déduit.

Cet ordre des preuves mérite d’être compris. Un requin exploité commercialement, consommé frais et salé-séché, capturé de la mer du Nord aux Canaries, subit une pression mesurable bien avant qu’un indice d’abondance n’en enregistre la conséquence — et quand un indice finit par bouger, les prélèvements qui l’expliquent datent de plusieurs années.

La démographie fixe la durée de ce décalage. Sept à quinze petits par portée, chacun sur sa seule réserve, et une première maturité vers quatre-vingt-un centimètres : une femelle doit atteindre un format important avant d’apporter quoi que ce soit, et la pêcherie travaille précisément sur les tailles qu’elle traverse pour y arriver.

Son terrain constitue l’autre exposition. Les bancs de sable et de gravier en eau peu profonde sont les fonds les plus accessibles et les plus sollicités qui soient, par la pêche comme par tout le reste.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Émissole tachetée en français, starry smooth-hound en anglais, Sternhai en allemand, musola estrellada en espagnol, palombo stellato en italien, cação-estrelado en portugais du Brésil. Cinq langues ont choisi l’étoile ; le français a préféré la tache, ce qui décrit mieux ce qu’on voit et ce qui, en revanche, ne dit plus d’où vient le nom scientifique.

L’étoile revient d’ailleurs deux fois dans la nomenclature des poissons européens sans jamais désigner le même animal : asterias est l’étoile grecque de cette émissole, stellaris l’étoile latine de la grande roussette, qui appartient à une autre famille. Aucun des deux noms n’aide à retrouver l’autre.

L’usage des pêcheurs achève de brouiller les cartes : le mot émissole s’emploie sans épithète pour les deux espèces des mêmes côtes, et l’on trie ensuite — ou pas.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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