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EspècesNœuds
Éperlan arc-en-ciel
Photo : Piscary

Éperlan arc-en-ciel

Osmerus mordax · Osmeridae

  • Mer
  • Migrateurs
  • Facile
  • Taille

    18–30 cm

  • Poids

    0,0–0,2 kg

  • Longévité

    7 ans

  • Temp. eau

    6–18 °C

  • Profondeur

    0–425 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

Petit poisson anadrome argenté de la famille des éperlans, à l'odeur caractéristique de concombre, qui remonte les rivières au printemps pour frayer.

Calendrier

Signalée dans 4 pays

Canada · États-Unis · Japon · Russie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire naturelle couvre les bassins atlantiques du Canada et du nord-est des États-Unis, du lac Melville au Labrador jusqu’au Delaware en Pennsylvanie, puis les bassins arctiques et pacifiques de Bathurst Inlet à l’île de Vancouver, et les bassins pacifiques d’Asie. Un poisson de mer froide qui entre en rivière, sur trois océans.

Les Grands Lacs figurent dans cette aire, et la source les y range sans commentaire : le versant atlantique est décrit comme allant du Labrador jusqu’au Delaware « et vers l’ouest à travers les Grands Lacs ». Elle ne dit pas si le poisson y est arrivé seul, et la fiche ne le dira donc pas non plus. Ce qu’une aire publiée ne distingue pas, elle ne l’ignore pas forcément — mais elle ne permet pas de trancher.

Reste sa capacité de pénétration. Il remonte jusqu’à mille kilomètres à l’intérieur des terres, et il descend par ailleurs à quatre cent vingt-cinq mètres. Peu de poissons de cette taille couvrent un tel volume.

Le reconnaître

Un poisson qui vient de sortir de l’eau porte sur le flanc des reflets violets, bleus et roses sur un fond vert pâle. C’est de là que vient son nom, et c’est fugace : la couleur s’éteint en quelques dizaines de minutes, et un sujet vu dans un seau ne ressemble déjà plus à celui qu’on a levé.

La bouche est l’autre caractère, et elle surprend sur un poisson aussi menu. Elle est grande, la mandibule dépasse, le maxillaire atteint le milieu de l’œil ou le dépasse, et des dents garnissent le vomer, les palatins, les ptérygoïdes, le basibranchial, le dentaire, le maxillaire et la langue. Celles de la langue et de l’avant du vomer sont nettement plus grandes que les autres. Peu de petits poissons sont armés d’un bout à l’autre de la cavité buccale.

Le corps est allongé et comprimé, sa plus grande hauteur se situant juste en avant de la dorsale. Huit rayons mous à la dorsale, douze à seize à l’anale, cinquante-huit à soixante-dix vertèbres. La maturité arrive vers dix-neuf centimètres et demi, la longévité atteint sept ans.

La reproduction

La montée obéit à un seuil thermique étroit. Elle démarre lorsque l’eau se situe entre neuf et dix-huit degrés, dure environ trois semaines et culmine sur une seule.

Un détail change tout pour qui veut être là au bon moment : la taille des poissons diminue à mesure que la montée avance, chez les deux sexes. Les plus grands passent en tête. Attendre le milieu de la remontée revient à pêcher des individus plus petits que ceux du premier jour.

La fraie se déroule de nuit. Deux mâles ou davantage, couverts de tubercules nuptiaux, se maintiennent contre une femelle dans le courant vif ; les œufs sortent par paquets, la laitance suit. Au lever du jour, les géniteurs redescendent vers le lac et remontent la nuit suivante. La rivière se vide et se remplit chaque jour, trois semaines durant.

L’eau qu’il lui faut

Lacs clairs et froids, rivières moyennes à grandes, eaux côtières : le point commun est la température, de sept à seize degrés pour l’essentiel de l’activité, six à dix-huit en tolérance. C’est ce plafond qui borne l’aire au sud, pas la salinité ni la nature du fond.

Le poisson se tient en banc, entre deux eaux, au large des rives dans les lacs et près de la côte en mer. La profondeur ordinaire ne dépasse pas cent cinquante mètres, mais l’espèce a été enregistrée à quatre cent vingt-cinq.

Les populations côtières sont anadromes ; celles des lacs accomplissent le même cycle sans jamais voir la mer, en montant dans les tributaires.

Zones

  • Estuaires et embouchures
  • Quais et jetées côtiers
  • Grands lacs (populations dulçaquicoles)
  • Petites rivières en montaison

Techniques

  • Pêche à la gangui de petits hameçons
  • Pêche blanche (sous la glace)
  • Pêche à l'épuisette en montaison
  • Pêche au coup léger

Appâts

  • Morceaux de vers
  • Petits leurres scintillants
  • Asticots
  • Morceaux de poisson
  • Mouches lestées

Ce qu’il mange

La liste des proies mélange deux mondes. Amphipodes, ostracodes, larves d’insectes aquatiques et vers d’un côté ; copépodes, euphausiacés et mysidacés de l’autre, plus de petits poissons — capucettes, choquemorts et harengs.

C’est la clé de sa réussite partout où on l’a déposé. L’espèce ne dépend d’aucune proie en particulier : elle prend le zooplancton que l’eau produit, quelle qu’elle soit, et passe au poisson quand elle grandit. Un lac intérieur lui convient aussi bien qu’une baie.

Comment le pêcher

Trois faits organisent cette pêche : le banc, la nuit, et la fenêtre de trois semaines.

Le banc impose le nombre. On ne pêche pas un éperlan, on pêche un passage, avec des hameçons menus montés en train et un fil que la taille du poisson ne met jamais à l’épreuve. Une fois la couche trouvée, elle donne ; un mètre au-dessus, elle ne donne pas.

La nuit décide de l’heure. Les géniteurs occupent la rivière de nuit et redescendent au jour, ce qui inverse le rythme habituel d’une pêche de rivière.

La fenêtre décide de la date, et le sens de la marche décide de la taille : le début de la remontée porte les plus grands sujets. Un seuil thermique franchi plus tôt une année qu’une autre déplace tout le calendrier de plusieurs semaines.

Hors migration, le poisson se cherche au large, en banc, dans la couche où la température lui convient.

Conservation

Rien ne pèse sur l’espèce elle-même. Ce qui mérite attention est sa capacité à s’installer là où on la porte.

Le vecteur est banal et toujours actif : ce poisson est un appât vivant, et un seau vidé dans un lac suffit à fonder une population. Un banc qui se reproduit dans les affluents d’un lac n’a besoin d’aucune connexion marine pour s’y maintenir — l’espèce compte des populations enfermées en eau douce aussi bien que des populations anadromes, et c’est cette double possibilité qui la rend transportable.

Ce qu’une population installée fait aux poissons du lieu n’est pas documenté dans le dossier consulté, et la fiche s’arrête donc là plutôt que de le supposer.

Réglementation

Souvent encadré par des saisons et quotas spécifiques (et la pêche à l'épuisette parfois interdite); selon réglementation locale.

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Éperlan arc-en-ciel au Québec comme en France, rainbow smelt en anglais, où l’adjectif désigne les mêmes reflets. Les Grands Lacs et la Nouvelle-Angleterre disent simplement smelt.

Le nom de genre vient du grec osmê, l’odeur : les éperlans sentent le concombre frais, et la nomenclature a retenu ce caractère avant tout autre. Mordax signifie mordant, pour une denture qui va de la langue au palais.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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