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EspècesNœuds
Laquaiche aux yeux d'or
Photo : Piscary

Laquaiche aux yeux d'or

Hiodon alosoides · Hiodontidae

  • Eau douce
  • Autres
  • Moyen
  • Taille

    31–52 cm

  • Poids

    0,3–1,7 kg

  • Longévité

    14 ans

Où le pêcher

  • Lac
  • Rivière

Icônes des milieux : Flaticon

Poisson de la famille des Hiodontidae au corps argenté comprimé latéralement, avec de grands yeux dorés distinctifs et une bouche terminale adaptée à la chasse en surface.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

Canada · États-Unis

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Du delta du Mackenzie, à Aklavik, jusqu’à l’Oklahoma : plus de trente degrés de latitude pour une même espèce, de la limite des arbres aux plaines du Sud. Vers l’est, elle passe sous les Grands Lacs et suit l’Ohio puis le Mississippi ; vers l’ouest, elle descend de l’Alberta par le Montana et le Wyoming.

Une amplitude pareille ne s’explique pas par le climat, qui n’a rien de commun entre les deux extrémités. Elle s’explique par le type d’eau : ce poisson demande de grandes rivières de plaine chargées en limon, et ce milieu-là existe sans interruption du golfe du Mexique à l’océan Arctique, le long des mêmes réseaux.

L’aire est donc le calque du réseau des fleuves troubles, non celui d’une zone de température. Là où la rivière devient claire et rapide, elle s’arrête.

La reproduction

Les adultes remontent au printemps, et le déplacement sert à deux choses en même temps — frayer et se nourrir. Le retour vers l’aval a lieu à l’automne.

Cette double fonction change la lecture de la saison. Un poisson qui monte pour manger autant que pour se reproduire reste actif pendant sa migration, alors que beaucoup de migrateurs cessent de s’alimenter en route.

La longévité, quatorze ans au plus, laisse plusieurs de ces allers-retours dans une vie. Un secteur qui rend des poissons au printemps n’est donc pas nécessairement un secteur où ils vivent le reste de l’année.

L’eau qu’il lui faut

Il tient les fosses profondes et les chenaux libres des rivières basses et turbides, ainsi que les petits lacs et les retenues. C’est un poisson d’eau ouverte, sans attache à la végétation ni au bois mort.

L’œil est la pièce maîtresse de cet ajustement, et il a donné son nom à l’animal dans les six langues. Sa teinte dorée vient d’une couche réfléchissante au fond du globe, le même dispositif qui fait luire les yeux d’un chat dans un phare : la lumière traverse deux fois la rétine au lieu d’une. Dans une eau chargée, où la clarté chute de quelques centimètres, cet arrangement est ce qui permet encore de chasser à vue.

Le rythme suit l’optique. L’activité est principalement nocturne, ce qui n’a rien de paradoxal pour un poisson équipé pour la pénombre : il chasse quand ses proies voient moins bien que lui.

Zones

  • Zones d'émergence d'insectes
  • Courants modérés de grands fleuves
  • Baies de lacs ouverts
  • En aval des rapides

Techniques

  • Pêche à la mouche
  • Leurres de surface légers
  • Pêche aux leurres cuillères
  • Vif fin sous flotteur

Appâts

  • Mouches sèches
  • Petits insectes artificiels
  • Petites cuillères
  • Asticots

Ce qu’il mange

La liste des proies est le fait remarquable de l’espèce : insectes de surface et insectes aquatiques, crustacés, mollusques, petits poissons, grenouilles, et jusqu’à des musaraignes et des souris.

Une musaraigne dans l’estomac d’un poisson d’une trentaine de centimètres dit une chose précise. Ce n’est pas un chasseur de fond mais un opportuniste qui travaille la pellicule d’eau, et il prend ce qui la traverse ou y tombe, vivant ou non.

Il est lui-même mangé — par des oiseaux, des mammifères et d’autres poissons. Sa position au milieu de la chaîne explique qu’il occupe l’eau libre à la faveur de l’obscurité plutôt qu’en plein jour.

Comment le pêcher

Le régime de surface décide de tout. Un poisson qui gobe des insectes, des grenouilles et des rongeurs tombés à l’eau se pêche dans la pellicule, à la mouche ou aux petites imitations légères, ce qui est inhabituel dans une rivière limoneuse où l’on cherche d’ordinaire au fond.

La fenêtre horaire est courte et fiable. L’activité étant nocturne, ce sont les deux transitions du jour qui concentrent les chances, avec l’avantage supplémentaire que les émergences d’insectes s’y produisent.

Les postes se lisent en volume, pas en structure. Fosses profondes, chenaux ouverts, aval des rapides, baies des lacs : il faut de l’eau, et l’absence d’obstacles y rend la prospection lente inutile.

La taille courante tourne autour de trente centimètres. Le matériel se choisit fin en conséquence, ce qui est de toute façon la condition pour présenter correctement les petites imitations que son régime commande.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Laquaiche aux yeux d’or en français, goldeye en anglais, Goldauge en allemand, ojo de oro en espagnol : toutes les langues ont nommé l’œil, ce qui arrive rarement et dit assez ce que l’on remarque en premier.

Hiodon signifie « dents sur la langue », et cette langue dentée place le poisson dans une compagnie surprenante. Sa famille appartient à l’ordre des ostéoglossiformes — les langues osseuses —, qui réunit l’arapaïma, les arowanas et les mormyres africains. Ce sont deux petits poissons argentés d’Amérique du Nord, la laquaiche aux yeux d’or et sa congénère, qui représentent seuls hors des tropiques une lignée par ailleurs entièrement équatoriale.

La pêche commerciale, restée modeste, écoule sa chair fumée.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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