
Limande commune
Limanda limanda · Pleuronectidae
- Mer
- Poissons plats
- Moyen
- Taille
40 cm
- Poids
1,0 kg
- Longévité
12 ans
- Profondeur
20–150 m
Où le pêcher
- Plage
Icônes des milieux : Flaticon
La limande commune est un petit poisson plat à corps ovale et à bord des écailles rugueux au toucher, ce qui lui vaut son nom. Sa face supérieure est brun jaunâtre avec des taches diffuses, et elle vit sur les fonds sableux peu profonds des côtes européennes.
Calendrier
Signalée dans 11 pays
Allemagne · Belgique · Danemark · France · Île de Man · Irlande · Norvège · Pays-Bas · Royaume-Uni · Russie · Suède
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
Le golfe de Gascogne ferme l’aire au sud. Au nord, elle s’étend jusqu’à l’Islande et la Norvège, entre dans la mer de Barents et la mer Blanche, et gagne la Baltique — ce dernier point suppose une tolérance à une eau franchement dessalée.
Ce n’est pas une ligne de température qui dessine cette aire, c’est le sable. L’espèce suit les grandes étendues meubles des plateaux nordiques, du littoral jusqu’à une centaine de mètres. Là où le fond devient rocheux ou franchement vaseux, la carte se vide à l’échelle de la baie sans que la limite d’aire bouge.
Le reconnaître
La ligne latérale monte en arc franc au-dessus de la pectorale, puis file droit jusqu’à la queue. C’est le caractère à garder en main, parce qu’il se lit sur un poisson terne, mouillé, à peine sorti du sable, là où les nuances de brun et les taches diffuses ne tranchent rien.
Les deux yeux occupent la face droite, comme chez les autres pleuronectidés. La révision de 2018 qui a réorganisé la classification du groupe le nomme d’ailleurs par ce caractère, celui des poissons plats à œil droit.
L’arc de la ligne latérale sert précisément là où la détermination hésite. La description publiée de la plie donne, au même endroit, une ligne presque droite à peine infléchie : les deux notices se répondent, et l’une des deux tranche sans qu’on ait besoin de la couleur ni de la taille du poisson.
La reproduction
Le premier frai peut arriver à onze centimètres. C’est la borne basse d’une fourchette qui monte à vingt-cinq, pour une moyenne de vingt et un centimètres et demi — un écart du simple au double sur le seuil de reproduction d’une même espèce.
La femelle libère ses œufs en plusieurs fois au cours de la saison, et non en une seule émission. La conséquence tient au calendrier : la ponte n’est pas un événement de quelques jours mais une période, et l’activité alimentaire des géniteurs ne s’interrompt pas d’un bloc.
Douze ans de longévité au maximum rapporté, et un seuil de reproduction qui peut être franchi à onze centimètres : la plupart des limandes croisées sur un fond de sable ont déjà frayé au moins une fois, ce qui n’est pas la règle chez les poissons plats de grande taille.
L’eau qu’il lui faut
Deux tranches de profondeur figurent dans la même source, et elles ne se recouvrent pas tout à fait : vingt à cent cinquante mètres pour la fiche d’environnement, « de quelques mètres à une centaine » pour la notice de biologie. Le désaccord porte sur le haut de la colonne d’eau, et c’est justement ce qui intéresse un pêcheur du bord — l’espèce vient bien plus haut que la borne des vingt mètres.
Le substrat, lui, ne se discute pas : du sable, à l’exclusion à peu près de tout le reste. Les déplacements se font en mer, sans passage en eau douce ni dépendance à un estuaire.
Zones
- Fonds sableux côtiers
- Hauts-fonds sableux
- Plages en surf-casting
- Zones offshore légères
Techniques
- Pêche à poser légère
- Surf-casting léger
- Pêche en bateau fond
- Ligne de fond
Appâts
- Ver de sable
- Ver de vase
- Crevette
- Morceau de calamar
Ce qu’il mange
Des crustacés d’abord, de petits poissons ensuite. Cet ordre est celui de la source et il compte : la limande travaille la faune mobile posée sur le sable ou juste dessous, pas les bivalves ni les vers dont vivent d’autres poissons plats du même fond.
Un régime de crustacés place la crevette plus près de son ordinaire qu’un ver marin, ce qui n’est pas l’intuition qu’on applique d’habitude aux poissons plats.
Comment le pêcher
Trouver le sable propre est la moitié du travail. Un secteur de roche ou de vase molle, même à la bonne profondeur et à la bonne saison, ne donne rien ; deux cents mètres plus loin, sur un banc de sable, la même ligne prend.
La faible profondeur d’une partie de l’aire met le poisson à portée du bord. Le surf-casting et la ligne posée le prennent sur les hauts-fonds, et le bateau se justifie surtout pour aller chercher les tranches plus creuses.
Le régime commande l’appât : petits crustacés en tête, vers marins ensuite, présentés au ras du fond et non décollés. La touche vaut d’être guettée plutôt qu’attendue, un poisson de ce gabarit ne tirant pas la canne à lui.
La saison suit l’étalement de la ponte plutôt qu’un pic : l’espèce reste active sur une large partie de l’année, et l’essentiel des poissons pris sont des adultes.
Conservation
Douze ans de vie et un frai possible dès onze centimètres donnent un stock qui se refait vite. Cette vitesse a deux faces : une année creuse se rattrape en quelques saisons, mais une abondance constatée une année ne garantit rien de la suivante, faute d’une réserve de vieux poissons pour amortir le creux.
L’autre point est d’échelle. Une population régionale en bon état ne dit rien de ce que tient un banc de sable donné : l’espèce dépend d’un substrat précis, et tout ce qui recouvre, dévase ou extrait ce sable retire l’habitat sans que le compte d’ensemble bouge.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Limande commune en français, souvent réduite à « limande » — un raccourci qui prête à confusion, l’étal appelant volontiers ainsi la limande-sole, qui est un autre poisson. Dab ou common dab en anglais, Kliesche en allemand, schar en néerlandais. Le mot a par ailleurs quitté la poissonnerie pour la langue courante : « plat comme une limande » se dit de tout ce qui n’a pas d’épaisseur.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org