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EspècesNœuds
Sole commune
Photo : Piscary

Sole commune

Solea solea · Soleidae

  • Mer
  • Poissons plats
  • Moyen
  • Taille

    35–70 cm

  • Poids

    0,4–3,0 kg

  • Longévité

    26 ans

  • Temp. eau

    8–24 °C

  • Profondeur

    0–150 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Plage

Icônes des milieux : Flaticon

La sole commune est un poisson plat ovale à la peau brun-grisâtre, vivant à plat sur les fonds sableux ou vaseux des côtes européennes. Sa petite bouche en arc de cercle lui permet de fouiller le sédiment à la recherche de vers et de petits invertébrés.

Calendrier

Signalée dans 15 pays

Allemagne · Belgique · Croatie · Danemark · Espagne · France · Île de Man · Irlande · Israël · Italie · Jersey · Norvège · Pays-Bas · Royaume-Uni · Suède

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

La limite nord se situe au fjord de Trondheim ; de là, l’espèce descend le long des côtes européennes, occupe la mer du Nord, la Baltique occidentale, toute la Méditerranée avec la mer de Marmara, le Bosphore et le sud-ouest de la mer Noire, et se poursuit jusqu’au Sénégal et au Cap-Vert.

Deux facteurs dessinent ces contours mieux que la latitude. Le premier est thermique : l’espèce vit entre huit et vingt-quatre degrés, ce qui ferme le nord et le grand sud. Le second est le substrat. Un poisson qui passe ses journées enfoui a besoin de sable ou de vase, et une côte rocheuse reste vide quelle que soit sa température. L’aire est donc discontinue à l’échelle locale, découpée baie par baie.

Le reconnaître

Les deux yeux sont sur la face droite. Des sujets inversés existent, avec les yeux à gauche ; ce sont les mêmes poissons et l’anomalie ne change rien au reste de la détermination. L’œil supérieur se tient à moins d’un diamètre du profil dorsal de la tête, autrement dit tout au bord.

L’essentiel se joue sur les narines, et c’est ce qui distingue les vraies soles de plusieurs poissons plats qui leur ressemblent. Côté aveugle, la narine antérieure n’est pas élargie ; un simple bourrelet l’entoure, et elle se tient bien plus près du bord du museau que de la fente de la bouche, dans un rapport de un et demi à près de deux. Côté œil, cette même narine se prolonge par un tube dirigé vers l’arrière, qui atteint tout juste le bord antérieur de l’œil inférieur, parfois pas.

La bouche est petite, arquée, ouverte vers le bas. Le préopercule disparaît sous la peau et l’opercule est entièrement écaillé : rien de saillant ni de coupant sur la tête. Les écailles sont rectangulaires et cténoïdes, râpeuses sous la main.

Dorsale et anale, longues et sans épines, courent sur presque tout le pourtour et rejoignent la caudale par une membrane bien développée, sans que le pédoncule cesse d’être distinct. La dorsale démarre à l’aplomb de l’œil supérieur, très en avant. Les comptages donnent soixante-neuf à quatre-vingt-dix-sept rayons dorsaux, cinquante-trois à quatre-vingts rayons anaux, quarante-six à cinquante-deux vertèbres.

Un dernier repère sert à trancher avec la sole du Sénégal, sur les côtes où les deux se croisent : la pectorale du côté œil porte ici une tache noire compacte, cantonnée à sa partie postérieure, et non un noircissement de toute la moitié externe de la nageoire.

La reproduction

La larve de sole naît symétrique. Elle a un œil de chaque côté, nage droite en pleine eau et ne ressemble en rien à l’adulte. Pendant la phase larvaire, longue de trente-cinq jours à dix-huit degrés, l’œil gauche migre par-dessus le crâne jusqu’à la face droite, la boîte crânienne se tord, et le poisson bascule sur son flanc gauche, qui perd son pigment et devient la face aveugle. À la fin de la métamorphose, il se pose sur le fond et n’en repartira plus qu’exceptionnellement.

Ce basculement est le nœud de tout le reste. Il se produit au moment où les larves dérivées depuis les zones de ponte arrivent sur les fonds côtiers, et la nourricerie où elles atterrissent conditionne la survie de la classe d’âge entière.

La ponte a lieu en eau côtière peu profonde, entre six et douze degrés, par lots successifs. Elle occupe surtout février à mai sur la façade atlantique — au large de la Galice, par exemple — mais démarre dès le début de l’hiver dans les eaux chaudes, Méditerranée comprise. L’incubation dure environ cinq jours à douze degrés.

La maturité vient tard, après trois à cinq ans, autour de vingt-cinq à trente centimètres. Détail contre-intuitif pour un poisson de fond : les adultes sont fréquemment observés en pleine eau pendant leurs migrations de reproduction.

L’eau qu’il lui faut

La sole s’enfouit dans les fonds meubles, sableux ou vaseux, et y passe le jour. Elle se tient d’ordinaire entre dix et soixante mètres, descend jusqu’à cent cinquante, et se retire vers le large en hiver.

Elle est solitaire, ce qui la sépare des poissons plats grégaires et change la façon de la chercher : un fond qui en a donné une n’en tient pas nécessairement dix.

Les trois premières années se passent ailleurs. Les juvéniles occupent des nourriceries côtières — baies, estuaires, fonds peu profonds — avant de rejoindre les eaux plus profondes. La mer des Wadden est la plus importante d’entre elles pour l’espèce, ce qui fait dépendre une part considérable du stock d’une seule zone intertidale, et d’événements qui s’y produisent en dehors de toute pêcherie.

Zones

  • Plages de sable fin à marée basse
  • Fonds vaseux côtiers
  • Estuaires et lagunes sableuses
  • Hauts-fonds proches des embouchures

Techniques

  • Pêche au posé de nuit sur fond sableux
  • Pêche en surfcasting léger
  • Pêche à la ligne de fond avec plomb plat
  • Traîne très lente sur le fond

Appâts

  • Vers de vase et arénicoles
  • Crevettes décortiquées
  • Petits vers marins
  • Morceaux de moule

Ce qu’il mange

Vers, mollusques et petits crustacés, prélevés de nuit sur le sédiment et dedans. La bouche, petite et tournée vers le bas, correspond exactement à cette récolte : elle ne saisit pas une proie qui fuit, elle prend ce qui ne bouge pas ou peu.

Cette alimentation nocturne n’est pas une préférence mais un rythme. De jour, le poisson est enfoui, et il l’est parfois à moins d’une longueur de corps de l’appât posé sans que rien ne se passe.

Comment le pêcher

Trois faits organisent cette pêche : le poisson mange la nuit, il vit sur le sédiment, et sa bouche est minuscule.

Le premier fixe l’horaire, et il ne se contourne pas. Le second oriente le choix des postes vers les plages et les estrans à fond meuble, les chenaux, les bordures de banc. Le troisième impose des hameçons de petite taille et des appâts en rapport : des vers marins, présentés au ras du fond.

La saison suit ses déplacements verticaux. Le retrait hivernal vers le large éloigne les poissons du bord ; leur remontée sur les fonds côtiers peu profonds pour la ponte, à des températures de six à douze degrés, ramène la pêche à portée depuis la côte. En Méditerranée, ce calendrier est avancé de plusieurs mois.

Reste la longévité. Une sole peut vivre plusieurs décennies mais ne se reproduit qu’après trois à cinq ans : les poissons les plus courants sur une plage n’ont pas encore pondu, ce qui donne à la remise à l’eau des petits sujets un effet direct sur ce que le secteur produira.

Conservation

Ce qui décide de l’abondance d’une année ne se passe pas au large. Le recrutement de l’espèce est très variable d’une saison à l’autre, et cette variabilité tient à une chaîne courte : la ponte a lieu en eau côtière, les larves dérivent, la métamorphose coïncide avec l’arrivée sur les nourriceries, et les juvéniles y restent deux à trois ans. Tout ce qui touche ces baies — travaux, dessalure, colmatage, artificialisation — agit sur une classe d’âge entière, sans qu’aucun engin de pêche soit en cause.

La sole est par ailleurs l’un des poissons plats les plus exploités commercialement d’Europe, et le suivi de ses stocks relève d’évaluations régionales conduites pêcherie par pêcherie plutôt que d’un tableau global. La conséquence pour le pêcheur de bord est indirecte mais réelle : l’état d’un secteur ne se déduit pas de celui d’un autre, même proche.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Sole commune en français, où le mot vient du latin solea, la semelle, image reprise sans changement par le nom scientifique. Common sole ou Dover sole en anglais — la seconde appellation renvoie au port qui approvisionnait Londres, non à une variété —, Seezunge en allemand, « langue de mer », lenguado en espagnol, bâti sur la même comparaison. Les noms se partagent ainsi en deux familles d’images : la semelle et la langue.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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