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EspècesNœuds
Limande-sole
Photo : Piscary

Limande-sole

Microstomus kitt · Pleuronectidae

  • Mer
  • Poissons plats
  • Moyen
  • Taille

    65 cm

  • Poids

    3,0 kg

  • Longévité

    23 ans

  • Profondeur

    10–200 m

Où le pêcher

  • Plage

Icônes des milieux : Flaticon

La limande-sole est un poisson plat élancé à corps allongé et à peau très lisse, rappelant la sole par sa silhouette mais appartenant aux pleuronectidés. Sa face supérieure est brun uniforme avec des reflets jaunes, et elle fréquente les fonds sableux ou vaseux des eaux côtières européennes.

Calendrier

Signalée dans 10 pays

Allemagne · Belgique · Danemark · France · Île de Man · Irlande · Norvège · Pays-Bas · Royaume-Uni · Suède

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire va du golfe de Gascogne à la mer Blanche, avec une avancée au large de l’Islande. Elle épouse le rebord du plateau européen sans jamais s’en éloigner.

Le pilote de cette répartition est le fond dur, et il est distribué par taches. Une carte à l’échelle du continent montre donc une bande continue là où la réalité est une mosaïque de plaques de pierre et de gravier séparées par des étendues meubles qui ne l’intéressent pas.

La tranche exploitée va de dix à deux cents mètres, l’essentiel du temps sous les cent cinquante.

Le reconnaître

Tête petite, bouche plus petite encore. Le nom du genre ne dit rien d’autre — Microstomus, la petite bouche — et c’est le premier signe qu’on cherche sur un poisson qui peut approcher le demi-mètre.

Le corps est ovale, la peau marbrée. La ligne latérale court presque droite d’un bout à l’autre, avec une légère inflexion au passage de la pectorale et rien de plus marqué.

Le nom français désigne deux autres poissons et n’en décrit aucun correctement : ce n’est ni une sole, ni une limande commune, mais un pleuronectidé à part entière, yeux du côté droit. La silhouette allongée explique la moitié « sole » de l’appellation, la bouche minuscule interdit d’aller plus loin dans la comparaison.

La reproduction

La fraie est bornée par deux mesures précises, ce qui est rare. Dans le nord-ouest de la mer du Nord, elle se cantonne pour l’essentiel entre cinquante-cinq et quatre-vingt-onze mètres. Et dans les eaux écossaises, elle ne démarre pas avant six degrés et demi : c’est un plancher thermique, pas une moyenne, et il fixe le départ de la saison plus sûrement qu’une date.

Le sex-ratio est le second fait remarquable. Il vaut à peu près un pour un chez les immatures, puis les femelles prennent progressivement le dessus à mesure que les poissons deviennent adultes. Dans un lot de grands individus, la proportion n’est donc plus équilibrée.

La maturité vient autour de vingt-neuf centimètres, dans une plage de vingt à trente. L’âge maximal rapporté atteint vingt-trois ans, ce qui laisse beaucoup de saisons de ponte derrière un poisson de belle taille.

L’eau qu’il lui faut

Un poisson plat qui préfère la pierre : c’est le trait le plus inattendu de l’espèce. Elle se tient le plus souvent sur des fonds caillouteux, et la source ne parle pas d’enfouissement — sur un fond dur, la question ne se pose pas de la même manière que pour une sole.

Cela change la façon de la chercher. Le repérage ne consiste pas à trouver du sable propre mais des plaques de galets et de gravier, entre dix et cent cinquante mètres, avec les pertes de plombs que cela implique.

Zones

  • Fonds vaseux côtiers
  • Fonds sableux profonds
  • Plages en surf-casting
  • Zones offshore modérées

Techniques

  • Pêche à poser
  • Pêche en bateau fond
  • Ligne de fond lente
  • Surf-casting

Appâts

  • Ver polychète
  • Ver de sable
  • Crevette
  • Petit crustacé

Ce qu’il mange

De petits invertébrés variés, où les vers polychètes dominent nettement. La bouche commande ce menu de bout en bout : elle ne peut pas saisir une proie de taille, elle prélève donc ce qui abonde et ne fuit pas. Sur un poisson de cette longueur, une bouche minuscule n’est pas une faiblesse mais une spécialisation — elle ouvre l’accès à une ressource dense que les prédateurs à grande gueule laissent sur place.

Un point du cycle annuel doit être connu avant toute sortie : l’espèce ne s’alimente apparemment pas en hiver. Le jeûne est saisonnier et il ne se contourne pas par le choix de l’appât.

Comment le pêcher

Le jeûne hivernal ferme la saison mieux qu’une consigne. Du côté chaud de l’année, la remontée de la température au-delà de six degrés et demi ouvre la fraie et l’activité ; la période froide se passe ailleurs ou sur une autre espèce.

Le calibre de la bouche impose ensuite tout le montage. Hameçons fins et petits, bas de ligne discret, morceaux de vers plutôt qu’appâts entiers : une bouchée trop grosse est refusée, et une touche sur un gros hameçon ne se transforme pas.

Le terrain est caillouteux, ce qui interdit la traîne lourde et récompense la ligne posée verticalement, au ras du fond, sur des plaques repérées au sondeur. Une fois les six degrés et demi dépassés, la bande de cinquante-cinq à quatre-vingt-onze mètres concentre les reproducteurs dans le nord-ouest de la mer du Nord.

Conservation

Vingt-trois ans de longévité pour une maturité à vingt-neuf centimètres : un grand individu est un poisson qui a passé une décennie ou plus sur les mêmes cailloux, et il ne se remplace pas dans la saison.

La dérive du sex-ratio vers les femelles chez les adultes donne à cette longévité une conséquence directe. Un tri par la taille prélève d’abord des femelles, sans qu’aucune intention n’intervienne : c’est la structure de la population qui produit ce résultat, pas la sélection du pêcheur.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Limande-sole en français, parfois « sole limande », et l’étal la vend aussi sous le seul mot « limande » — ce qui la confond avec la limande commune. Lemon sole en anglais, appellation trompeuse pour un poisson qui n’est pas une sole. Rotzunge en allemand, tongschar en néerlandais : les deux noms germaniques rappellent la langue, image que le français réserve à la sole.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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