
Flet commun
Platichthys flesus · Pleuronectidae
- Mer
- Poissons plats
- Moyen
- Taille
50–60 cm
- Poids
1,2–2,9 kg
- Longévité
15 ans
- Temp. eau
5–25 °C
- Profondeur
1–100 m
Où le pêcher
- Estuaire
- Plage
Icônes des milieux : Flaticon
Le flet commun est un poisson plat à contour presque circulaire, couvert de petits tubercules rugueux le long de la ligne latérale. Adaptable à la fois à l'eau salée et à l'eau douce, il remonte fréquemment les estuaires et les rivières côtières d'Europe.
Calendrier
Signalée dans 23 pays
Allemagne · Belgique · Canada · Croatie · Danemark · Espagne · Estonie · Finlande · France · Île de Man · Irlande · Italie · Lettonie · Lituanie · Norvège · Pays-Bas · Pologne · Portugal · Royaume-Uni · Russie · Suède · Turquie · Ukraine
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce occupe l’Atlantique est, les eaux côtières et saumâtres de l’Europe occidentale, de la mer Blanche à la Méditerranée et à la mer Noire. En Asie, elle est signalée en Iran.
Elle a été introduite accidentellement aux États-Unis et au Canada, par les eaux de ballast. C’est une voie d’introduction qui ne dépend d’aucun pêcheur et contre laquelle aucune réglementation de pêche ne peut rien.
Le reconnaître
La peau est rugueuse, particulièrement le long de la ligne latérale et à la base des dorsale et anale. C’est le critère au doigt, et il sépare le flet de la plie, dont la peau est lisse.
Une remarque s’impose sur les yeux, parce qu’elle est chiffrée et instructive. Le flet a les yeux à droite dans soixante-dix à soixante-dix-neuf pour cent des cas — sur un échantillon de plus de mille individus. Autrement dit, un flet sur cinq environ est inversé, ce qui suffit à égarer une détermination fondée sur ce seul point.
Le disque est peu large : moins de la moitié de la longueur. La bouche est petite, la ligne latérale droite et légèrement arrondie au-dessus des pectorales. La couleur est vert olive.
Cinquante-trois à soixante-deux rayons mous à la dorsale, trente-sept à quarante-six à l’anale.
La reproduction
La ponte a lieu en pleine eau, et non sur le fond — trait remarquable chez un poisson qui passe sa vie couché. Chaque femelle produit quatre cent mille à deux millions d’œufs.
Le cycle mérite d’être suivi dans l’ordre, parce qu’il est entièrement organisé autour de la marée. En hiver, les adultes se retirent en eaux plus profondes et plus chaudes, où ils pondent au printemps. Les larves grandissantes gagnent la côte.
Puis vient le mécanisme le plus intéressant du catalogue en matière de migration. Les larves et les jeunes juvéniles utilisent un transport sélectif par la marée pour remonter les fleuves : ils se laissent porter par le flot et se posent au fond pendant le jusant, montant ainsi par étapes sans nager contre le courant. Les déclencheurs de ce comportement sont multiples — salinité, densité de proies, entre autres.
La maturité arrive vers vingt-deux centimètres, dans une plage de quatorze à trente.
L’eau qu’il lui faut
C’est un poisson migrateur, présent la plus grande partie de l’année dans les estuaires. Les adultes occupent les fonds de vase et de sable en eau peu profonde, en mer et en saumâtre, et entrent souvent en eau douce.
Sa plage thermique est large — cinq à vingt-cinq degrés — et sa tolérance à la salinité l’est plus encore : c’est le poisson plat qui remonte le plus loin dans les fleuves européens.
Zones
- Estuaires et embouchures
- Fonds vaseux côtiers
- Chenaux de marée
- Plages sableuses
Techniques
- Pêche à poser en estuaire
- Surf-casting
- Ligne de fond
- Pêche du bord
Appâts
- Ver de vase
- Ver de sable
- Crevette
- Coque
Comment le pêcher
L’estuaire est le terrain, toute l’année. C’est ce qui distingue le flet de la plie : on le prend là où l’eau est déjà dessalée, et parfois franchement douce, très loin de la mer.
Sa remontée en fleuve est réelle et fréquente, ce qui en fait l’une des rares espèces marines qu’un pêcheur d’eau douce rencontre couramment.
L’hiver le déplace vers le large et la profondeur ; le printemps ramène les larves vers la côte, portées par la marée.
Sa peau rugueuse et sa petite bouche imposent des appâts fins posés au fond — ver marin en tête, sur un poisson qui vit quinze ans.
Conservation
Le transport sélectif par la marée est le point de rupture, et il est particulier. Un juvénile qui remonte un estuaire en se laissant porter par le flot a besoin que la marée entre — un barrage anti-sel, une écluse, un chenal recalibré suppriment le mécanisme lui-même, pas seulement l’habitat.
La dépendance aux estuaires expose par ailleurs l’espèce à la contamination des sédiments, puisqu’elle vit couchée dessus et y trouve ses proies.
Son introduction en Amérique du Nord par les eaux de ballast rappelle enfin qu’une partie des mouvements d’espèces ne relève pas de la pêche.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Flet en français, parfois picaud ou flondre selon les régions. European flounder en anglais, Flunder en allemand, bot en néerlandais. Le mot flounder désigne en Amérique du Nord d’autres poissons plats sans parenté, ce qui rend le nom scientifique nécessaire dans tout texte international.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org