
Makaire méditerranéen
Tetrapturus belone · Istiophoridae
- Mer
- Grands pélagiques
- Moyen
- Réglementé
- Taille
200–240 cm
- Poids
75–70 kg
- Profondeur
0–200 m
Où le pêcher
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
Le makaire méditerranéen est le seul istiophoride présent en Méditerranée, une mer fermée, ce qui en fait une espèce remarquable parmi les poissons à rostre. Plus petit que le makaire bleu, il possède un corps allongé et un rostre fin, et fréquente les eaux pélagiques ouvertes du bassin méditerranéen.
Calendrier
Son aire de répartition
Une seule mer contient l’espèce entière. Ce makaire boucle son cycle à l’intérieur de la Méditerranée, autant qu’on sache aujourd’hui, et c’est le seul poisson à rostre dont on puisse dire cela. Les quarante-six degrés nord et les six degrés ouest qui bornent son aire ne sont pas des limites d’océan mais les coins d’un bassin fermé.
À l’intérieur, la densité est très inégale. Le bassin central concentre l’espèce, qui est considérée comme abondante autour de l’Italie. Vers l’est, la documentation se raréfie brutalement : aucun adulte n’a été signalé au-delà de la mer Ionienne, même si des captures ont été rapportées en mer Égée. La mer Noire ne fournit aucun signalement confirmé.
Cette dissymétrie est probablement une dissymétrie d’observation. La documentation le suggère elle-même : l’espèce est vraisemblablement plus répandue en Méditerranée que les registres ne le montrent, et les captures orientales ont pu être attribuées à d’autres poissons.
La reproduction
La saison de ponte de ce makaire n’est pas établie. La seule proposition avancée dans la littérature est celle de l’hiver et du printemps, et elle est présentée comme une hypothèse qu’il ne serait pas déraisonnable de retenir — formulation qui dit exactement le degré de certitude atteint.
C’est un aveu remarquable. Le poisson vit dans une mer bordée de pays qui entretiennent des flottes et des instituts, il y accomplit la totalité de son cycle, et le mois où il fraie reste une conjecture. Aucune zone de fraie n’est décrite, aucune fécondité chiffrée, aucune taille à la maturité.
L’eau qu’il lui faut
Il tient la couche supérieure de l’eau, dans les deux cents premiers mètres, généralement au-dessus de la thermocline ou dedans. Le conditionnel employé par les sources vaut d’être relevé : cette bathymétrie est déduite des captures, non mesurée sur des animaux suivis.
Le domaine est celui du large et de l’eau profonde, à l’écart des plateaux.
Zones
- Méditerranée centrale et occidentale
- Eaux pélagiques profondes
- Zones côtières isolées
Techniques
- Traîne de surface
- Pêche au vif
- Leurres souples
- Traîne profonde
Appâts
- Anchois riggés
- Petits calmars
- Sardines
- Leurres vinyl fins
Ce qu’il mange
Il mange du poisson, et la documentation n’en dit pas davantage sur le menu.
Elle dit en revanche quelque chose sur la méthode, et c’est le fait le plus singulier de l’espèce : ce makaire se déplace par deux. Le comportement est décrit et rapporté à l’alimentation — deux animaux qui chassent ensemble le même banc y font mieux qu’un seul. Chez un groupe de poissons réputés solitaires et dispersés, c’est une exception qui mérite d’être connue.
Comment le pêcher
Le déplacement par paires commande une conduite précise à la touche. Un poisson pris signifie qu’un second se trouve à proximité immédiate : le réflexe qui consiste à dégager les lignes pour combattre travaille contre le pêcheur, et laisser une esche à l’eau pendant le combat est ici la décision qui double la sortie.
Le secteur productif est le bassin central, et l’Italie en est le centre documenté. La pêche se pratique au large, sur l’eau profonde, dans les deux cents premiers mètres — c’est-à-dire dans la tranche que travaillent la traîne et le vif présenté sous flotteur.
Le régime strictement ichtyophage écarte les imitations d’invertébrés et oriente vers le poisson, monté entier ou imité.
Un point d’organisation : l’espèce ne fait l’objet que d’un intérêt commercial secondaire, et aucune pêcherie de loisir structurée ne s’est bâtie sur elle. La littérature technique est donc mince, et l’expérience locale des équipages siciliens et calabrais vaut mieux que ce qui est publié.
Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.
Conservation
Une espèce dont l’aire tient dans une mer fermée n’a pas de réserve extérieure. Ce que la Méditerranée fait à ce makaire, elle le fait à la totalité de l’espèce : aucune population atlantique ne viendra recoloniser le bassin, et aucun stock voisin ne compensera une mauvaise décennie. C’est la situation exactement inverse de celle des grands poissons à rostre océaniques, dont les populations se comptent à l’échelle d’un hémisphère.
S’y ajoute un problème d’identification qui fausse tout ce qu’on croit savoir. La documentation indique que pêcheurs professionnels et plaisanciers ont pu prendre ce poisson pour Tetrapturus albidus, le makaire blanc de l’Atlantique. Les prises de l’un ont donc été portées au compte de l’autre, et le makaire méditerranéen se trouve sous-déclaré au moment même où les rares signalements atlantiques du makaire blanc en Méditerranée sont, eux, très probablement des individus de cette espèce.
Le résultat est qu’on ignore ce qu’on prélève. Le poisson est le plus commun des istiophoridés du bassin central, donc le plus exposé à l’effort de pêche méditerranéen, et ses débarquements ne sont pas comptés sous son nom.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Makaire méditerranéen en français, et la mer est nommée dans presque toutes les langues : Mediterranean spearfish, marlín del Mediterráneo, Mittelmeer-Speerfisch, agulhão-do-Mediterrâneo.
L’italien fait exception avec aguglia imperiale, l’aiguille impériale — le pays qui le pêche le plus lui a donné le seul nom qui ne soit pas une adresse.
L’épithète belone vient du grec et signifie l’aiguille ; c’est aussi le nom de genre de l’orphie, un poisson au bec allongé sans aucune parenté avec celui-ci. Une littérature ancienne range par ailleurs plusieurs espèces de ce groupe sous des combinaisons différentes, et les séries de captures méditerranéennes doivent être lues en connaissant la confusion avec le makaire blanc.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org