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EspècesNœuds
Makaire rayé
Photo : Piscary

Makaire rayé

Kajikia audax · Istiophoridae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Difficile
  • Réglementé
  • Taille

    290–420 cm

  • Poids

    314–440 kg

  • Longévité

    9 ans

  • Temp. eau

    20–25 °C

  • Profondeur

    0–200 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le makaire rayé est un grand poisson pélagique au corps fuselé, orné de rayures latérales bleutées et doté d'un long rostre pointu caractéristique des istiophoridés.

Calendrier

Signalée dans 19 pays

Allemagne · Australie · Chili · Danemark · États-Unis · France · Groenland · Île Norfolk · Îles Féroé · Islande · Italie · Mexique · Norvège · Nouvelle-Zélande · Portugal · Royaume-Uni · Seychelles · Suède · Svalbard et Jan Mayen

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Le Pacifique lui a donné une aire en fer à cheval, du nord-ouest du bassin jusqu’au sud-ouest en passant par tout le bord oriental. Aucun autre poisson à rostre ni aucun thon n’occupe cette forme, et elle a une explication tenable : cette espèce vit dans une eau plus fraîche que le makaire noir et le makaire bleu. Le grand réservoir chaud du Pacifique tropical ouest et central, qui est le domaine des deux autres, se trouve donc au creux du fer à cheval, et les marges tempérées comme le bord est, plus froid, en forment les branches.

L’océan Indien répond à une autre logique. Le poisson y est plus dense dans les régions équatoriales, avec des concentrations au large de l’Afrique orientale, dans l’ouest de la mer d’Arabie, dans le golfe du Bengale et au nord-ouest de l’Australie.

L’amplitude totale, du quarante-sixième parallèle nord au quarante-neuvième sud, place cette espèce parmi les plus largement réparties de sa famille.

Le reconnaître

La première dorsale est plus haute que le corps n’est épais, et sa membrane bleu-noir ne porte aucune tache. C’est ce vide qui compte : chez le makaire blanc de l’Atlantique comme chez les voiliers, la même membrane est ponctuée de noir. Une nageoire haute et nue désigne cette espèce et pratiquement elle seule.

Le profil de cette nageoire suit une courbe particulière : basse à l’avant, elle s’élève vers le milieu puis redescend à l’arrière, au lieu de culminer dès son origine. Elle compte quarante-deux à quarante-huit rayons, l’anale dix-huit à vingt-quatre.

Les flancs portent une vingtaine de bandes bleutées sur un dos bleu-noir et un ventre argenté. Elles sont décrites ailleurs comme une quinzaine de rangées d’un bleu cobalt : le comptage varie avec l’état du poisson, la présence des raies non.

Les pectorales sont falciformes et souples, avec dix-huit à vingt-deux rayons. Leur souplesse est un caractère de terrain, parce qu’elle permet de les rabattre le long du corps — le makaire noir du même océan a des pectorales rigides qui ne se plient pas, et la différence se constate à la main sur un poisson mort.

Le rostre est robuste et de longueur moyenne, ni la lame large de l’espadon ni l’aiguille des marlins les plus effilés. Les écailles sont petites, enfoncées dans la peau, terminées par une ou deux pointes émoussées.

La reproduction

La femelle ne constitue pas un stock d’œufs à l’avance. Ses ovocytes se développent de façon désynchronisée et elle pond par lots successifs, sans que le total de la saison soit fixé au départ. C’est la définition d’une pondeuse indéterminée, et cela signifie qu’une saison favorable produit davantage qu’une saison médiocre : la reproduction s’ajuste aux conditions au lieu de les subir.

Un seuil thermique fixe le reste. Les larves ne se rencontrent pratiquement pas sous vingt-quatre degrés, dans l’océan Indien comme dans le Pacifique, et cette limite basse est la même des deux côtés. Elle dessine les aires de ponte plus sûrement qu’une carte : entre dix et trente degrés sud dans le sud-ouest du Pacifique, entre dix et vingt degrés sud dans le nord-est de l’océan Indien.

Le calendrier se lit dans l’abondance des larves, maximale au début de l’été local de chaque hémisphère, et la présence des femelles mûres coïncide avec elle.

L’eau qu’il lui faut

Il vit dans la couche de surface, au-dessus de la thermocline, entre vingt et vingt-cinq degrés et jusqu’à deux cents mètres.

Son abondance croît à mesure qu’on s’éloigne du plateau continental. C’est la règle qui organise sa recherche, et elle fonctionne à l’envers de la plupart des pêches : ici, le nombre de milles parcourus vers le large est corrélé à ce qu’on trouve. Le poisson n’approche du bord que là où le fond tombe brutalement à proximité de la côte, condition que peu de littoraux remplissent.

Il vit seul et les individus sont dispersés à grande distance les uns des autres. Pendant la saison de reproduction seulement, il forme de petits groupes constitués par taille.

Zones

  • Eaux bleues hauturières
  • Zones de convergence thermique
  • Aux abords des îles volcaniques
  • Bordures de courants chauds

Techniques

  • Traîne de surface
  • Traîne profonde
  • Pêche au vif
  • Leurres de surface

Appâts

  • Maquereaux riggés
  • Calmars naturels
  • Leurres vinyl colorés
  • Petits thons

Ce qu’il mange

Poissons, crustacés et céphalopodes, comme chez ses proches. La liste ne le distingue pas ; l’eau dans laquelle il la prélève, si.

Vivant plus au frais que les deux autres grands makaires, il exploite des bancs de fourrage tempérés que ceux-ci ne rencontrent pas. C’est cette occupation d’un étage thermique laissé libre qui explique qu’il soit à la fois le plus répandu et le plus abondant des poissons à rostre.

Comment le pêcher

Trois faits en découlent, et ils commandent la façon de sortir.

La distance d’abord : un secteur productif se définit par son éloignement du plateau, ou par la présence d’un tombant très proche de la côte. Chercher au bord d’un plateau large revient à travailler la partie la moins peuplée de son aire.

La dispersion ensuite. Des poissons séparés par de grandes distances imposent de couvrir du terrain et interdisent de conclure quoi que ce soit d’un poisson trouvé. La seule exception tient à la saison de ponte, quand les groupes se forment par taille : un poisson pris à ce moment-là annonce des poissons du même gabarit à proximité.

La méthode enfin. L’espèce se prend aussi au harpon, ce qui suppose un animal visible en surface — la traîne n’est pas la seule lecture possible d’une eau bleue.

Sa chair est la meilleure de la famille pour le sashimi et le sushi. Elle part surtout congelée, parfois fraîche, également fumée. Cette valeur pèse sur le sort d’un poisson pris accessoirement : il n’y a aucune raison économique de le rejeter.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Conservation

L’espèce sépare ses adultes de ses larves. Les premiers occupent une eau fraîche, jusqu’aux latitudes tempérées des deux hémisphères ; les secondes n’existent pas sous vingt-quatre degrés. Deux masses d’eau distinctes sont donc nécessaires au cycle, et un déplacement de l’une par rapport à l’autre ne se compense pas.

Le renouvellement, lui, est rapide pour un animal de cette taille. La maturité s’établit vers deux mètres dix, pour une longévité relevée de neuf ans : le poisson se reproduit à la moitié de sa taille maximale, dans une vie courte. Un stock touché se reconstitue plus vite que celui d’un grand requin ou d’un mérou.

Ce qui pèse est donc ailleurs, dans la géométrie de l’aire. Le fer à cheval du Pacifique traverse les zones économiques d’un très grand nombre d’États et de longues portions de haute mer, et l’océan Indien ajoute quatre concentrations réparties sur trois continents. Une même population est pêchée par des flottes qui ne relèvent d’aucune règle commune, et sa valeur au marché du poisson cru garantit que chaque individu rencontré sera débarqué.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Makaire rayé en français, et toutes les autres langues du catalogue disent la même chose : striped marlin, marlín rayado, marlin striato, gestreifter Marlin, marlim-listrado. Les bandes bleues des flancs ont fait l’unanimité.

Le nom de genre vient du japonais kajiki, terme qui désigne les poissons à rostre dans un pays qui les pêche et les consomme depuis longtemps — c’est l’un des rares noms scientifiques de poisson marin construit sur une langue non européenne. L’épithète audax signifie hardi.

Une part importante de la littérature range encore ce poisson dans le genre Tetrapturus. Les séries de captures anciennes se lisent sous ce nom.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

Espèces proches