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EspècesNœuds
Saupe
Photo : Piscary

Saupe

Sarpa salpa · Sparidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    30–51 cm

  • Poids

    0,4 kg

  • Profondeur

    5–70 m

Où le pêcher

  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

La saupe est un sparidé côtier au corps ovale et argenté, orné de lignes dorées longitudinales caractéristiques. Elle fréquente les herbiers de posidonies et les zones rocheuses peu profondes de Méditerranée et d'Atlantique est.

Calendrier

Signalée dans 15 pays

Afrique du Sud · Chypre · Croatie · Espagne · France · Grèce · Israël · Italie · Malte · Monténégro · Mozambique · Portugal · Slovénie · Tunisie · Turquie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Du golfe de Gascogne et de Gibraltar jusqu’en Sierra Leone, avec Madère, les Canaries et le Cap-Vert ; puis, séparément, du Congo à l’Afrique du Sud ; plus la Méditerranée. De quarante-cinq degrés nord à quarante sud.

La liste enjambe le golfe de Guinée. Deux blocs subtropicaux, un au nord et un au sud, et entre les deux une bande tropicale où l’espèce n’est pas relevée.

Cette forme se retrouve à l’identique sur l’autre façade du continent, chez le marbré, dont l’aire saute l’Afrique tropicale orientale entre un bloc méditerranéo-atlantique et un bloc sud-africain. Deux sparidés de fonds peu profonds, deux aires bâties sur le même schéma, et dans les deux cas c’est le tropique qui manque. Pour un animal qui vit d’un tapis d’algues, ce n’est pas surprenant : les peuplements végétaux littoraux des eaux chaudes ne sont pas ceux qu’il broute.

Le reconnaître

Une tache noire à la base de la pectorale. La position se prend précisément, à la base et non au-dessus, parce que c’est le genre de nuance qui sépare des espèces ailleurs dans cette famille.

Elle se prend d’autant plus volontiers qu’une confusion est possible sur le même rivage. Deux sparidés argentés de Méditerranée sont décrits chacun avec une tache noire, et les deux descriptions ne la placent pas au même bout : celle de l’oblade est à la racine de la queue, celle de la saupe à l’attache de la nageoire pectorale. Regarder « s’il y a une tache » ne mène nulle part ; regarder où elle est règle la question en une seconde.

Vient ensuite le caractère principal, et il a la rareté d’être chiffrable. Dix lignes dorées parcourent le flanc dans la longueur, parallèles et régulièrement espacées. La plupart des dessins de sparidés se décrivent par impression ; celui-ci se compte.

Les nageoires confirment. Onze à douze épines dorsales puis quatorze à dix-sept rayons mous, trois épines anales puis treize à quinze rayons. Les parties molles sont longues — plus que chez le griset ou le marbré, dont les diagnoses en comptent respectivement onze à treize et douze à treize — et sur un corps relativement mince, une dorsale molle et une anale toutes deux étendues donnent une silhouette qui se distingue au premier coup d’œil des brèmes hautes de corps qui partagent le même fond.

La reproduction

Un poisson de trente centimètres — la taille courante de l’espèce — a franchi deux seuils au cours de sa croissance. Ou peut-être un seul. La source ne permet pas de trancher, et l’exposer est plus honnête que de choisir.

Le premier seuil est alimentaire et personne ne le conteste : le juvénile est carnivore, l’adulte est herbivore. Le second est sexuel, et celui-là ne fait pas l’unanimité. La rubrique de biologie donne l’espèce pour protandre — mâle d’abord, femelle ensuite. La rubrique de reproduction ajoute qu’elle est monandrique et place le changement à vingt-cinq centimètres de longueur totale, vers trois ans et neuf mois. Puis la même rubrique signale que des descriptions contradictoires du mode de reproduction ont été publiées, dont l’hypothèse de sexes séparés.

Si la bascule existe telle qu’elle est décrite, le poisson ordinaire l’a déjà passée. Si les sexes sont séparés, il n’a jamais rien eu à passer. Rien, sur l’animal en main, ne permet de distinguer les deux cas.

Un repère résiste à tout cela : la maturité arrive à seize centimètres cinq, tôt, et ce chiffre vaut quelle que soit la description qui finira par l’emporter.

L’eau qu’il lui faut

Substrats rocheux et zones sableuses colonisées par les algues, entre cinq et soixante-dix mètres ; herbiers de posidonies en Méditerranée. L’espèce est marine, supporte le saumâtre, est classée océanodrome et forme des bancs de taille importante.

Ce qui distingue son terrain de celui d’un carnassier tient en un mot : c’est une récolte, pas une population de proies. Un herbier ne fuit pas, ne se disperse pas à l’approche et ne se déplace pas d’une semaine à l’autre. Un banc installé sur un bon fond algué a donc peu de raisons d’en partir, et l’endroit qui a produit du poisson en produira encore, ce qui n’est vrai d’aucun poste à maquereaux.

Zones

  • Herbiers de posidonie
  • Rochers algués côtiers
  • Fonds de 1 à 10 mètres
  • Petits ports et criques

Techniques

  • Pêche au pain flottant
  • Canne au coup
  • Pêche à l'algue
  • Pêche légère en surface

Appâts

  • Algue verte
  • Pain de mie
  • Riz cuit
  • Herbe marine
  • Maïs cuit

Ce qu’il mange

Le régime s’inverse au cours de la vie, et c’est le fait autour duquel tout le reste de cette page s’organise.

Les jeunes sont principalement carnivores et mangent des crustacés. Les adultes sont « presque exclusivement » herbivores et broutent les algues. Le vocabulaire est celui de la source et il faut le prendre au sérieux : ce n’est pas un omnivore qui préfère le végétal, c’est un prédateur qui cesse de l’être.

La conséquence pratique est la plus concrète de cette fiche. Une même espèce demande deux appâts selon la taille du poisson visé. Un petit sujet prend une crevette ; un adulte de trente centimètres prend de l’algue, du pain, une graine cuite. Qui ne pêche qu’avec l’un des deux ne pêche que la moitié de la population, et se trompe précisément sur la moitié qu’il pensait cibler.

La seconde conséquence est écologique. Un brouteur dépend d’un peuplement végétal, donc de la lumière qui le fait pousser. La tranche relevée, de cinq à soixante-dix mètres, se lit mieux comme une profondeur d’éclairement que comme une préférence bathymétrique : elle s’élève quand l’eau se trouble et descend quand elle s’éclaircit, sans que le poisson change quoi que ce soit à ses habitudes.

Comment le pêcher

Du peu profond, de l’éclairé, de l’algué : roche à algues, herbier, bordures de petits ports, dans quelques mètres d’eau. Le banc est nombreux ; l’enjeu est de le trouver, pas de séduire un individu.

L’amorçage travaille plus que le montage. Un groupe de brouteurs qui trouve à manger à un endroit y reste, et un poisson qui prélève de petits fragments sur le fond ou sur l’algue demande un petit hameçon, un fil fin et un flotteur sensible. L’appât adulte étant végétal, l’amorce peut l’être aussi.

Ce qu’on fait du poisson après la capture mérite d’être dit, parce que cela explique sa réputation. La chair est décrite comme agréable fraîche, mais elle s’amollit vite. Ce n’est pas un jugement de qualité, c’est un délai : un poisson qui doit être mangé dans les heures qui suivent se tue et se glace immédiatement, ou se relâche. Et un poisson qui ne voyage pas n’atteint pas les étals, donc ne se construit aucune réputation — quel qu’ait été son goût le jour où on l’a pris.

Conservation

Les effectifs d’un herbivore suivent sa récolte. L’abondance de cette espèce est donc liée à l’état du fond peu profond — clarté de l’eau, charge en nutriments, santé des herbiers — par un mécanisme qui n’a rien à voir avec le nombre de poissons pris. Un recul renseignerait sur le fond avant de renseigner sur la pêche, et il aurait exactement la même allure dans un registre de débarquement.

Le second point est plus précis, et il touche à ce qui ne se compte pas. La source mentionne un usage occasionnel de l’espèce comme appât. Un poisson employé comme appât est un poisson prélevé qu’aucune statistique ne suit : il ne passe pas en criée, il ne se pèse pas, il disparaît dans une autre pêche. Cet usage s’ajoute à une exploitation commerciale par ailleurs réelle.

Les deux se tiennent. La faible estime dont jouit la saupe est aujourd’hui sa meilleure protection — l’effort va ailleurs — et c’est aussi la raison pour laquelle personne ne compte ce qui en sort de l’eau. Une protection qui repose sur le désintérêt tient tant que le désintérêt tient, et il est arrivé plus d’une fois qu’un poisson dédaigné devienne recherché en quelques saisons.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Salpa en italien, salema en espagnol et en portugais, saupe en français, salema emprunté à l’ibérique par l’anglais : tous ces mots descendent du latin salpa, qui est aussi l’épithète de l’espèce. Le genre, l’espèce et la plupart des noms courants du bassin sont donc un seul et même mot, ce qui est rare dans cette famille et bien commode d’Alicante à Trieste.

Aucun d’eux ne décrit quoi que ce soit. La forme française est la plus usée du lot et elle ne renseigne pas davantage que les autres.

Une seule langue rompt les rangs avec un nom utile : l’allemand dit Goldstrieme, la strie d’or, et désigne ainsi le seul caractère de robe que la diagnose prenne la peine de chiffrer. L’anglais dispose d’une variante du même ordre, goldline, plus informative que salema et beaucoup moins employée.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

Espèces proches