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EspècesNœuds
Marbré
Photo : Piscary

Marbré

Lithognathus mormyrus · Sparidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    30–55 cm

  • Poids

    0,3 kg

  • Longévité

    12 ans

  • Profondeur

    0–150 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Plage
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

Le marbré est un sparidé svelte au corps argenté traversé d'une dizaine de bandes transversales sombres évoquant un marbre, d'où son nom. Il fréquente les plages de sable fin et les zones de surf en eau peu profonde le long des côtes méditerranéennes et atlantiques, fouillant le fond à la recherche de vers, de mollusques et de petits crustacés.

Calendrier

Signalée dans 14 pays

Afrique du Sud · Algérie · Chypre · Croatie · Espagne · France · Grèce · Israël · Italie · Mauritanie · Monténégro · Mozambique · Portugal · Turquie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

Golfe de Gascogne, détroit de Gibraltar, Méditerranée, mer Noire, Madère, Canaries et Cap-Vert, puis toute la façade africaine vers le sud jusqu’au cap de Bonne-Espérance. Ajouter l’océan Indien occidental : le sud du Mozambique et la mer Rouge.

Et un trou : l’espèce est donnée pour absente de l’Afrique tropicale orientale.

Deux blocs tempérés-subtropicaux, un à chaque extrémité d’un continent, et le milieu chaud laissé de côté. C’est la forme que prend l’aire d’un poisson que la chaleur limite, et non le froid — de quarante-huit degrés nord à trente-cinq sud, sans les tropiques.

Pour un lecteur français, la limite nord est la donnée à retenir. Le golfe de Gascogne borne l’aire : sur la façade atlantique, le marbré est un poisson de bordure, présent mais au bout de ce qu’il supporte. En Méditerranée il est chez lui, et c’est là que les plages en donnent régulièrement.

Le reconnaître

La diagnose de référence du marbré compte des rayons et s’arrête là : onze épines dorsales, douze ou treize rayons mous, trois épines anales, dix ou onze rayons. Pas un mot sur la robe.

Or le caractère par lequel tout le monde reconnaît ce poisson est justement sa robe. Une dizaine de bandes sombres transversales sur un fond argenté, répétées sur toute la longueur du corps : c’est ce que dit la notice du catalogue, c’est ce que disent son nom français et son nom allemand, et c’est ce qui tranche dans le ressac ou dans un seau. Le caractère est réel et documenté ; il n’est simplement pas dans la rubrique qu’on consulte en premier.

Le sens des marques est ce qui compte, et il sépare trois poissons argentés du même sable, chacun décrit par sa propre source. Chez le marbré, les bandes barrent le flanc de haut en bas. Chez la saupe, la diagnose compte dix lignes dorées qui le parcourent de la tête à la queue. Chez le griset, elle relève des traits longitudinaux faibles. Vertical, horizontal, horizontal et pâle : la question à se poser devant un sparidé argenté n’est pas « y a-t-il des rayures » mais « dans quel sens vont-elles ».

Lire la robe sur un poisson qui vient de sortir. Elle est à son maximum de contraste à cet instant et chaque heure lui en retire.

La reproduction

Trois réponses coexistent dans la même source, et aucune ne l’emporte.

La rubrique de biologie donne l’espèce pour hermaphrodite protandre — mâle d’abord, femelle ensuite — et monandrique. La rubrique de reproduction situe l’inversion principalement entre vingt-quatre centimètres un et trente-cinq centimètres deux de longueur totale, vers trois ans et demi. La même rubrique signale enfin que des descriptions contradictoires du mode de reproduction ont été publiées, y compris l’hypothèse de sexes simplement séparés.

Une mesure de terrain accompagne le tout : dans le nord de l’Adriatique, le rapport global des mâles aux femelles a été relevé à un pour un virgule soixante-deux. Ce déséquilibre est compatible avec la protandrie ; il ne la démontre pas.

La maturité, elle, ne fait pas débat et arrive tôt : vers dix-sept centimètres quatre, avec une plage qui commence à vingt. C’est le seul repère de cette section sur lequel on peut construire quelque chose.

L’eau qu’il lui faut

Le marbré est classé démersal. Le mot est à prendre au pied de la lettre, et il le distingue de la plupart des sparidés côtiers de la même côte, qui sont benthopélagiques : celui-ci vit sur le fond, pas au-dessus. Tout ce qui suit en découle, à commencer par la place de l’appât.

Il occupe le plateau, sur sable et vase, ainsi que les herbiers et les estuaires. La tranche relevée va de la surface à cent cinquante mètres, mais l’habituelle est de dix à vingt.

Dix mètres d’eau, c’est une fraction minuscule d’une enveloppe de cent cinquante, et c’est là que le poisson se tient réellement. Cela le place dans le ressac, dans les embouchures et à portée de quiconque a les pieds dans l’eau. Cela signifie aussi qu’il n’a pas de profondeur où se retirer.

Il supporte l’eau saumâtre, vit en groupe et forme des bancs de taille appréciable. Douze ans de longévité relevés, passés dans cette bande.

Zones

  • Plages sablonneuses
  • Embouchures de rivières
  • Zones de surf
  • Ports et criques abritées

Techniques

  • Pêche au fond surfcasting
  • Feeder côtier
  • Pêche à la tirette
  • Pêche en kayak

Appâts

  • Ver de vase
  • Coque
  • Moule
  • Crevette grise
  • Arénicole

Ce qu’il mange

Vers, mollusques et petits crustacés.

Ce qui frappe dans cette liste, c’est ce qu’elle ne contient pas : rien de rapide, rien de gros, rien qui vive à la surface du fond. Les polychètes sont dans le sédiment. Les bivalves sont dans le sédiment. Les petits crustacés d’un plateau sableux y passent l’essentiel de leur temps. C’est un régime entièrement composé d’animaux qu’il faut extraire d’un substrat au lieu de les poursuivre.

Cela explique le fond qu’il occupe — du meuble, pas du dur — et cela explique aussi sa tolérance à l’eau dessalée. Les sédiments les plus riches en vers et en petits bivalves sont ceux des embouchures ; l’espèce entre en estuaire parce que sa nourriture y est, et non l’inverse.

Comment le pêcher

La plage, le ressac, l’embouchure, dans dix à vingt mètres et souvent moins. Un fond sans relief — du sable propre, une baïne, la bordure d’une barre — n’est pas un pis-aller pour cette espèce, c’est son terrain.

Les appâts sortent du régime et se déterrent tous : vers marins en premier, puis petits bivalves et petites crevettes. Le poisson cherche du mou enfoui, et la présentation posée sur le sable ou légèrement enfouie est celle qui correspond. Un montage tenu en pleine eau travaille au-dessus de lui.

Le banc est grand : l’effort doit aller à le trouver, pas à insister sur un poste éteint.

Reste la décision de remise à l’eau, et c’est ici que le marbré échappe à ce que l’on croit savoir de sa famille. La taille courante de l’espèce est de trente centimètres. L’inversion sexuelle, lorsqu’elle a lieu, est rapportée entre vingt-quatre et trente-cinq. Le poisson qu’on tient est donc à l’intérieur de la transition et non d’un côté ou de l’autre : deux individus de longueur identique peuvent être dans deux états différents. Le raisonnement qui fonctionne ailleurs — lire le sexe sur la taille, rendre à l’eau celui qui porte la ponte — ne rend rien ici. Et la source ne garantit même pas qu’il y ait une transition à lire.

Conservation

La pêcherie est mineure et ce n’est pas là que se joue la situation de l’espèce. Ce qui pèse, c’est le fond.

Sa tranche habituelle, dix à vingt mètres et moins, est exactement celle où l’on recharge des plages, où l’on creuse des ports, où l’on drague des chenaux et où la turbidité se fabrique. Un animal du meuble dépend de la granulométrie de ce meuble : changer le grain d’une plage, c’est changer les vers et les bivalves qu’elle produit, donc le garde-manger du poisson, sans qu’aucune prise n’ait été faite.

Douze ans de vie dans cette même bande, sans profondeur de repli, prolongent l’exposition d’autant. Peu d’espèces marines exploitées passent la totalité de leur existence dans l’eau où se décide l’aménagement du littoral.

Un dernier point, moins visible. La chair est décrite comme excellente et l’espèce est vendue fraîche mais aussi séchée. Le séchage est ce qui permet à une capture de quitter la côte où elle a été faite : là où il se pratique, l’abondance locale et la consommation locale cessent de se répondre, et la demande peut venir de beaucoup plus loin que le rivage qui produit le poisson.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Marbré en français, Marmorbrasse en allemand : le marbre, des deux côtés du Rhin, pour la même robe.

L’espagnol dit herrera et le portugais ferreira. C’est le même mot dans les deux langues, celui du forgeron, de la même racine que le fer. Marbre d’un côté, métal de l’autre : deux traditions de nommage ont cherché la comparaison du même côté, celui des matières dures et veinées.

L’anglais ne décrit pas la robe mais le fond, sand steenbras. Le second terme est afrikaans, venu du néerlandais, et signifie « brème de pierre ». Or le genre s’appelle Lithognathus, mâchoire de pierre en grec. Deux traditions séparées par des siècles et un hémisphère ont tendu vers la même image minérale, et l’une d’elles a fini dans le binôme.

L’italien, lui, reprend simplement l’épithète : mormora, de mormyrus, vieux nom de poisson grec réemployé sans intention descriptive.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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