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EspècesNœuds
Daurade royale
Photo : Piscary

Daurade royale

Sparus aurata · Sparidae

  • Mer
  • Mer côtière
  • Moyen
  • Taille

    35–70 cm

  • Poids

    0,6–17 kg

  • Longévité

    14 ans

  • Profondeur

    1–150 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Plage
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

Fréquente les herbiers marins et les fonds sableux ainsi que la zone de déferlement, communément jusqu'à environ 30 m, les adultes pouvant atteindre 150 m de profondeur. Poisson sédentaire, solitaire ou en petits groupes.

Calendrier

Signalée dans 14 pays

Albanie · Algérie · Croatie · Espagne · France · Grèce · Israël · Italie · Monténégro · Pays-Bas · Portugal · Royaume-Uni · Slovénie · Turquie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espèce occupe l’Atlantique oriental, des îles Britanniques au Cap-Vert en passant par le détroit de Gibraltar et les Canaries, ainsi que toute la Méditerranée. Elle est signalée en mer Noire.

Une précision utile pour qui lit de la documentation en anglais : les mentions venant de Nouvelle-Zélande concernent une autre espèce, Pagrus auratus, sans lien direct malgré la proximité des noms.

Le reconnaître

La bande dorée entre les yeux a donné son nom à l’espèce dans presque toutes les langues, et c’est le premier signe qu’on cherche. Elle est vive chez un poisson frais, plus terne ensuite.

Le second est une tache noire bien marquée sur le bord supérieur de l’opercule, à la naissance de la ligne latérale. Elle est constante, contrairement à la bande dorée qui pâlit, et c’est elle qui tranche face aux autres sparidés.

Le corps est haut et comprimé, typique de la famille, argenté avec des reflets qui virent au gris bleuté sur le dos. Le museau est allongé, plus de deux fois le diamètre de l’œil — proportion qui la distingue des dorades grises et des pageots.

La dorsale porte onze épines et treize à quatorze rayons mous. Sous la mâchoire, la denture est le vrai outil de l’espèce : des incisives à l’avant, des molaires puissantes derrière, sur plusieurs rangs.

La reproduction

La daurade royale change de sexe en cours de vie. C’est un hermaphrodite protandre : elle mûrit d’abord comme mâle, au cours de sa première ou deuxième année, puis devient femelle vers la deuxième ou troisième — autour de trois ans en moyenne.

Cette bascule a une conséquence directe sur la structure des populations : les petits individus sont des mâles, les gros des femelles. Prélever préférentiellement les grosses revient donc à prélever les reproductrices, ce qui n’est pas le cas chez une espèce à sexes séparés.

La ponte s’étale généralement d’octobre à décembre, par séquences successives pendant toute la période. Les œufs, de un millimètre environ, éclosent en deux jours à seize ou dix-sept degrés. Le stade larvaire dure une cinquantaine de jours à dix-sept degrés et demi, un peu plus de quarante à vingt.

L’eau qu’il lui faut

La daurade fréquente les herbiers de posidonies et les fonds sableux, ainsi que la zone de déferlement, couramment jusqu’à une trentaine de mètres. Les adultes descendent parfois à cent cinquante.

C’est un poisson sédentaire, solitaire ou en petits groupes, ce qui la distingue nettement des espèces de banc de la même zone. Un poste tenu par une daurade l’est durablement.

Au printemps, elle entre volontiers dans les lagunes côtières saumâtres et les estuaires, où elle trouve les coquillages dont elle se nourrit. Ce mouvement saisonnier vers les eaux dessalées est ancien et connu : il est à l’origine de l’élevage extensif en lagune pratiqué depuis l’Antiquité.

Zones

  • Herbiers de posidonies
  • Fonds rocheux côtiers
  • Plages sablonneuses
  • Estuaires

Techniques

  • Pêche au fond à l'esché
  • Pêche en surfcasting
  • Pêche à la traîne légère
  • Pêche au leurre souple

Appâts

  • Crevettes
  • Crabes
  • Vers de mer
  • Moules
  • Seiches

Ce qu’il mange

Elle est principalement carnivore, accessoirement herbivore, et se nourrit surtout de coquillages — moules et huîtres comprises.

Cette spécialisation explique sa denture. Les molaires du fond de la gueule broient des coquilles que peu de poissons peuvent entamer, et cette capacité lui ouvre une ressource abondante et peu disputée. Elle explique aussi les dégâts qu’elle cause dans les parcs conchylicoles, où sa présence est un vrai sujet pour les producteurs.

Comment le pêcher

Deux faits organisent la pêche de la daurade : elle broie des coquillages, et elle est sédentaire.

Le premier oriente les appâts vers ce qu’elle mange réellement — crustacés et coquillages — et impose un montage qui résiste : une denture capable d’ouvrir une moule vient à bout d’un hameçon léger et d’un bas de ligne fin. Sa touche est en revanche déconcertante de discrétion pour un poisson de cette puissance : elle inspecte, mordille, écrase, et le premier signal est souvent une simple tension.

Le second change la façon de prospecter. Une daurade tient un secteur ; un poste qui en a donné une en donnera d’autres, et l’amorçage y prend tout son sens — il retient un poisson déjà présent plutôt qu’il n’en attire de loin.

La saison suit ses mouvements. Le printemps, quand elle entre dans les lagunes et les estuaires, et l’automne avant la ponte, sont les deux fenêtres les plus régulières. Les herbiers, les bordures de chenaux et les zones coquillières concentrent les postes.

Conservation

L’évaluation qui fait référence pour la daurade royale date de 2009. C’est ancien pour une espèce dont la pêcherie et l’élevage ont beaucoup changé depuis, et cela invite à la prudence.

La daurade est par ailleurs l’un des poissons les plus élevés en aquaculture marine méditerranéenne, et les échappées d’élevage se mêlent aux populations sauvages dans plusieurs zones. Cela complique le suivi des stocks naturels et pose la même question génétique que le repeuplement en eau douce.

Son hermaphrodisme mérite d’être connu avant de décider du sort d’une prise. Une grosse daurade est une femelle, et c’est elle qui porte la reproduction.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Daurade royale en français, avec la graphie « dorade » réservée par l’usage commercial à d’autres espèces — une distinction qui n’a rien d’officiel mais qui structure les étals. Gilt-head bream en anglais, dorada en espagnol, orata en italien : tous ces noms renvoient à la bande dorée du front.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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