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EspècesNœuds
Sébaste noir
Photo : Piscary

Sébaste noir

Sebastes melanops · Sebastidae

  • Mer
  • Poissons de fond
  • Facile
  • Taille

    35–63 cm

  • Poids

    0,6–3,6 kg

  • Longévité

    50 ans

  • Temp. eau

    7–9 °C

  • Profondeur

    0–366 m

Où le pêcher

  • Récif
  • Côte rocheuse

Icônes des milieux : Flaticon

Sébaste robuste du Pacifique nord-est, gris-noir tacheté, prisé pour sa chair ferme et sa pêche en banc près des structures rocheuses.

Calendrier

Signalée dans 2 pays

Canada · États-Unis

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire suit une côte et une température. Elle part de l’île d’Amchitka, dans les Aléoutiennes, longe l’Alaska et descend jusqu’à Paradise Cove, en Basse-Californie : du soixante-deuxième au vingt-deuxième degré nord.

La plage thermique enregistrée est étroite — sept à neuf degrés — et elle explique la forme de cette bande mieux que la géographie. Une eau froide qui descend loin vers le sud le long de cette façade, portée par le courant et les remontées côtières, emmène l’espèce avec elle ; l’extrémité méridionale de l’aire n’est pas une limite de côte, c’est une limite de température.

Le reconnaître

Chez les sébastes, la détermination passe d’ordinaire par l’armature de la tête, ce chapelet d’épines qu’on nomme une à une. Ici, il n’y en a presque plus. Les épines céphaliques sont faibles à très faibles : les nasales sont présentes, les préoculaires et postoculaires généralement absentes, et les supraoculaires, tympaniques, coronales, pariétales et nucales manquent toutes. Le bouton du menton est très faible ou nul. Une tête presque lisse, là où la clé du genre attend une arête à nommer.

Le reste confirme. Le corps est fusiforme, l’œil moyennement grand, le bord postérieur de la caudale échancré, et le profil de l’anale arrondi ou nettement incliné vers l’arrière. La robe est gris sombre à noire, marbrée de gris clair sur le dessus, plus pâle sous le ventre.

Les comptages tiennent la détermination fine : treize à quatorze épines dorsales suivies de treize à seize rayons mous, trois épines anales et sept à neuf rayons, sept rayons branchiostèges, vingt-six vertèbres.

La reproduction

Le poisson met bas. La fécondation est interne, les embryons se développent dans la femelle, et ce sont des larves planctoniques qui sont libérées — pas des œufs abandonnés dans le courant.

La conséquence porte sur la femelle. Chez un pondeur, la ponte se disperse et l’adulte redevient un poisson comme un autre dans l’heure qui suit ; ici, la reproduction est portée à l’intérieur d’un individu pendant toute sa durée, et cet individu est capturable pendant ce temps. La source ne date pas cette période, et c’est une information qui manque pour raisonner sur une saison.

La maturité s’installe autour de quarante centimètres, dans une plage de trente à quarante-deux. C’est un repère à retenir avant de garder une prise : un sébaste noir n’est pas reproducteur parce qu’il fait bonne figure dans le seau.

L’eau qu’il lui faut

Deux domaines, et ils n’ont pas grand-chose en commun. Le premier est le récif rocheux en petite profondeur, celui qu’on pêche du bord ou en kayak. Le second est la pleine eau au-dessus des grands bancs, loin de tout substrat.

Les adultes vivent aussi bien sur le fond qu’au-dessus, et forment des bancs. Les juvéniles, eux, sont pélagiques. Un poisson qualifié d’associé au récif mais qui passe une partie de son temps entre deux eaux ne se cherche pas comme un poisson de fond, et c’est la principale erreur à éviter avec lui.

La profondeur enregistrée va de la surface à trois cent soixante-six mètres, avec une plage courante donnée entre cent quatre-vingt-trois et deux cent soixante-quatorze. L’écart entre cette plage et les récifs peu profonds où on le rencontre couramment est considérable, et il n’est pas anodin : le même nom d’espèce couvre des poissons pris à dix mètres et des poissons remontés de deux cents, ce qui n’est pas le même animal à manipuler.

Zones

  • Côtes de Californie
  • Oregon et Washington
  • Colombie-Britannique
  • Côtes de l'Alaska
  • Récifs et têtes de roche côtiers

Techniques

  • Pêche au jig métallique
  • Pêche au leurre souple (drop shot)
  • Pêche à la dandinette en dérive
  • Pêche aux appâts naturels sur fond
  • Pêche légère en kayak

Appâts

  • Leurres souples (shads)
  • Jigs métalliques
  • Lanières de calmar
  • Morceaux de hareng
  • Crevettes

Ce qu’il mange

La rubrique tient en trois mots : il mange des poissons. Aucune autre catégorie de proie ne lui est attribuée, ni crustacé, ni céphalopode.

Cette étroitesse a deux effets. Elle rend le choix du leurre presque évident, tout ce qui imite un poisson-fourrage étant dans le vrai. Et elle explique la vie en banc au-dessus des grands fonds : un prédateur de poissons suit le fourrage, qui se déplace, alors qu’un mangeur d’invertébrés reste attaché à son substrat.

Ses propres jeunes tiennent la place inverse dans le système : ils constituent une proie importante pour d’autres poissons, pour les mammifères marins et pour les oiseaux.

Comment le pêcher

Le banc commande la journée. Un poisson trouvé signale un groupe, et le groupe peut se tenir n’importe où entre le fond et la surface : la prospection se fait sur la verticale, en changeant de hauteur plutôt que de poste, jusqu’à toucher la couche occupée.

La profondeur de la prise, elle, décide de tout ce qui suit. Un sébaste remonté de deux cents mètres arrive avec sa vessie gazeuse dilatée par la chute de pression, et il ne redescend pas tout seul si on le remet à l’eau : relâché en surface, il flotte et meurt. Un dispositif de descente le ramène au fond, où la pression rétablit ce que la remontée a défait. La question ne se pose pas de la même façon sur un poisson pris à dix mètres au bord d’un récif — c’est le fond de départ qui fixe la conduite, pas l’espèce.

Sa chair est estimée, et la pêche des sébastes est encadrée sur toute cette façade ; les règles applicables se vérifient auprès de l’autorité compétente avant la sortie.

Conservation

Cinquante ans. C’est l’âge maximal rapporté pour cette espèce, et c’est le chiffre autour duquel tout le reste s’organise.

Un poisson qui vit un demi-siècle et se reproduit à partir de quarante centimètres passe l’essentiel de son existence en état de reproduire. Un banc de sébastes noirs n’est donc pas un stock de poissons interchangeables : c’est un empilement de classes d’âge, dont les plus vieilles ont commencé leur vie avant la plupart des bateaux qui les pêchent. Une population peut retrouver ses effectifs bien avant de retrouver ses vieux individus, et ce sont deux reconstitutions différentes.

La mortalité après relâcher est l’autre point d’attention, et elle est particulière à ce groupe. Ailleurs, un poisson remis à l’eau est un poisson soustrait aux prélèvements ; ici, la comptabilité ne tient que si le poisson est effectivement redescendu. Un relâcher mal conduit sur du fond profond ne remet rien du tout.

Enfin, la place des juvéniles dans la chaîne alimentaire mérite d’être connue : ils nourrissent d’autres poissons, des oiseaux et des mammifères marins. Ce que produit cette espèce ne lui appartient qu’en partie.

Réglementation

Quotas, saisons et limites de profondeur stricts sur la côte ouest nord-américaine ; utilisation d'un dispositif de descente souvent obligatoire — selon réglementation locale.

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Les six langues disent la même chose : sébaste noir, black rockfish, rocote negro, Schwarzer Felsenfisch, scorfano nero del Pacifico, peixe-pedra-negro. Le nom scientifique aussi, melanops étant construit sur le noir et la face.

Cette unanimité simplifie un peu l’animal, dont la diagnose parle de gris sombre à noir marbré de gris clair. Le noir est ce qu’on retient d’un poisson sorti de l’eau à contre-jour ; la marbrure demande de le regarder à plat.

Le nom de genre va dans un tout autre sens : Sebastes vient du grec et signifie vénérable, auguste. Le français en a tiré sébaste, qui sert pour l’ensemble du genre, tandis que l’italien a recyclé scorfano, le mot de la rascasse méditerranéenne, en précisant qu’il s’agit de celle du Pacifique. Deux façons de nommer un poisson qu’on ne connaissait pas : lui donner un nom neuf, ou lui prêter celui du voisin.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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