
Bonite du Pacifique Est
Sarda chiliensis · Scombridae
- Mer
- Grands pélagiques
- Moyen
- Taille
102 cm
- Poids
11 kg
- Profondeur
0–100 m
Où le pêcher
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
La bonite du Pacifique Est est un Scombridae côtier et pélagique des eaux froides du courant de Humboldt, le long des côtes américaines du Pacifique. Son dos rayé de stries obliques sombres sur fond bleu-vert et son corps fuselé la rendent facilement identifiable parmi les pélagiques côtiers.
Calendrier
Signalée dans 4 pays
Chili · Colombie · États-Unis · Mexique
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire est coupée en deux moitiés qui ne se touchent nulle part. La moitié nord va des eaux de l’Alaska à la pointe de la Basse-Californie, avec les Revillagigedo au large ; la moitié sud occupe le nord du Pérou jusqu’à Talcahuano, au centre du Chili. Entre les deux, plusieurs milliers de kilomètres de côte tropicale sans un seul signalement.
Cette forme antitropicale s’explique par les courants plutôt que par les latitudes. Les deux moitiés font face aux deux systèmes froids du Pacifique oriental, l’un descendant le long de l’Amérique du Nord, l’autre remontant le long du Chili et du Pérou ; la bande équatoriale chaude qui les sépare n’appartient ni à l’un ni à l’autre, et l’espèce n’y a rien à faire.
La séparation est ancienne et reconnue dans la nomenclature : la moitié nord porte son propre nom de sous-espèce, lineolata. C’est ce qu’on fait quand deux populations n’ont aucun contact et qu’on ne peut pas dire ce qu’elles échangent.
Le reconnaître
Quarante-deux à quarante-six vertèbres : c’est le total le plus bas du genre, et le premier chiffre à vérifier sur un poisson douteux. L’anale suit la même logique avec douze à quinze rayons mous, là encore le compte le plus court chez les bonites. Dix-sept à dix-neuf épines à la dorsale.
Deux organes servent à la détermination une fois le poisson ouvert. La rate est grosse et saute aux yeux dès qu’on regarde par le ventre. Le foie porte deux lobes latéraux allongés et un lobe médian raccourci, disposition constante chez les bonites et absente chez les thons de même taille.
Le format est le plus grand du genre, mais de peu : la différence avec ses congénères tient à quelques centimètres, ce qui interdit de déterminer une bonite à la taille.
La reproduction
La ponte est discontinue. La femelle ne libère pas ses œufs en une fois mais par salves étalées sur la saison, et l’inventaire des ovaires à un instant donné ne dit donc rien du total.
Ce total est considérable pour le gabarit. Une femelle de trois kilos, soit moins du tiers du poids maximal de l’espèce, produit plusieurs millions d’œufs par saison. La fécondité n’attend pas les grands individus, ce qui change la valeur reproductive d’un poisson moyen.
La maturité sexuelle tombe à deux ans, autour de quarante-sept centimètres. Deux ans, c’est l’âge auquel un poisson de cette côte a atteint la taille qui intéresse la pêche.
L’eau qu’il lui faut
C’est un poisson de côte, dans les cent premiers mètres d’eau, qui ne s’éloigne pas des plateaux.
À l’intérieur de cette bande, la répartition est ordonnée par la taille. Les juvéniles tiennent le bord ; les individus âgés se rencontrent plus au large. Le gradient est constant et documenté, et c’est une carte à lui seul.
Les bancs, eux, se constituent par calibre. Une troupe de bonites est homogène, et deux gabarits ne se mêlent pas dans le même rassemblement.
Zones
- Zones de remontée d'eau froide
- Plateau continental Est-Pacifique
- Eaux pélagiques côtières
- Courant de Humboldt
Techniques
- Traîne rapide au leurre
- Lancer aux métalliques
- Pêche au vif côtier
- Jigging vertical
Appâts
- Anchois et sardines
- Leurres métalliques
- Calmars
- Jigs chromés
Ce qu’il mange
Petits poissons grégaires, calmars et crevettes composent l’ordinaire. La liste n’a rien d’original chez un pélagique de ce format ; c’est la densité du fourrage sur cette côte qui compte, et elle est le produit direct des eaux froides qui remontent le long du continent.
Comment le pêcher
Une particularité fait de cette bonite un poisson accessible : elle se pêche du bord. Les jetées, les appontements et les plages figurent parmi les postes documentés, à côté des embarcations privées et des bateaux de pêche embarquée. La famille impose presque partout ailleurs un bateau et du large ; ici, le poisson vient à portée de lancer.
Le tri des bancs par calibre a une conséquence directe sur la façon de lire une touche. Le premier poisson pris annonce la taille des suivants : inutile d’insister sur un rassemblement de petits en espérant qu’un gros s’y cache, il vaut mieux en chercher un autre.
Pour monter en taille, il faut sortir. Le gradient du bord vers le large est le seul levier fiable sur cette espèce, et il se traduit en milles parcourus plutôt qu’en changement de montage.
Conservation
Le gradient de taille et la géographie de la pêche se superposent mal. Les pêches de bord et de jetée, qui font l’essentiel de l’effort de loisir sur cette côte, travaillent exactement là où se tiennent les jeunes, et les vieux poissons du large échappent à cette part de la pression.
Ce qui sauve la situation est le calendrier de la maturité. Deux ans, quarante-sept centimètres : un poisson prélevé à la taille courante a déjà participé à au moins une saison de ponte, et la fécondité massive des femelles moyennes ne dépend pas de la survie des grands sujets.
Reste que l’espèce est comptée sous un seul nom alors qu’elle vit en deux populations séparées par le tropique. Un total qui additionne le Chili et la Californie ne renseigne sur aucune des deux, et l’effondrement de l’une passerait inaperçu dans la somme.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Bonite du Pacifique Est en français, Eastern Pacific bonito en anglais, bonito del Pacífico oriental en espagnol : les trois langues nomment l’océan et le bord, faute d’un caractère visible à mettre en avant.
Le nom scientifique renvoie au Chili, où l’espèce a été décrite, alors que la moitié nord de son aire se trouve à l’autre bout du continent. Les données anciennes venues de Californie se lisent souvent sous le seul nom de la sous-espèce, et il faut savoir que les deux séries parlent du même poisson avant de les comparer.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org