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EspècesNœuds
Espadon
Photo : Piscary

Espadon

Xiphias gladius · Xiphiidae

  • Mer
  • Grands pélagiques
  • Moyen
  • Réglementé
  • Dangereux
  • Taille

    300–455 cm

  • Poids

    228–650 kg

  • Temp. eau

    5–27 °C

  • Profondeur

    0–2 878 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

L'espadon est un grand prédateur pélagique facilement reconnaissable à son rostre aplati en épée, son corps fuselé et sa nageoire dorsale haute et rigide caractéristique de la famille Xiphiidae.

Calendrier

Signalée dans 59 pays

Afrique du Sud · Albanie · Allemagne · Anguilla · Antigua-et-Barbuda · Aruba · Australie · Bahamas · Bermudes · Brésil · Canada · Cap-Vert · Chili · Colombie · Croatie · Cuba · Danemark · Dominique · Équateur · Espagne · États-Unis · France · Guadeloupe · Guyana · Guyane française · Haïti · Île Norfolk · Îles Caïmans · Îles Cook · Îles Féroé · Îles Vierges britanniques · Îles Vierges des États-Unis · Inde · Indonésie · Irlande · Italie · Jamaïque · Japon · Martinique · Mexique · Norvège · Nouvelle-Calédonie · Nouvelle-Zélande · Papouasie-Nouvelle-Guinée · Pays-Bas · Pays-Bas caribéens · Polynésie française · Porto Rico · Portugal · République dominicaine · Royaume-Uni · Samoa américaines · Suède · Suriname · Svalbard et Jan Mayen · Terres australes françaises · Tonga · Turquie · Venezuela

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’espadon fréquente les eaux tropicales, tempérées et parfois froides des trois océans, ainsi que la Méditerranée, la mer de Marmara, la mer Noire et la mer d’Azov. C’est une espèce hautement migratrice, qui gagne les eaux tempérées ou froides en été et retourne vers les eaux chaudes à l’automne.

Un résultat génétique mérite d’être connu : l’analyse de l’ADN mitochondrial montre une différenciation nette entre les populations de Méditerranée et celles de l’Atlantique tropical, signe que les échanges entre les deux sont faibles. Un espadon méditerranéen n’est pas simplement un espadon atlantique de passage, et la gestion des deux stocks ne peut pas être la même.

Le reconnaître

Le rostre de l’espadon est plat, large et tranchant sur les bords — une lame, pas une pointe. C’est ce qui le sépare des marlins et des voiliers, dont le rostre est rond en section. Il représente près du tiers de la longueur totale du poisson.

Le second caractère est une absence : l’espadon adulte n’a pas de nageoires ventrales. Aucun autre grand poisson pélagique n’est dans ce cas, et il suffit de regarder sous le ventre pour trancher.

Le corps est allongé, brun-noir sur le dos et s’éclaircissant vers un brun clair sur le ventre. La première dorsale porte une membrane brun-noir, haute et courte, très différente de la longue voile des istiophoridés. Elle compte trente-huit à cinquante-six rayons mous, sans aucune épine.

La reproduction

L’espadon pond dans la couche superficielle, entre la surface et soixante-quinze mètres, dans une eau autour de vingt-trois degrés et d’une salinité de trente-quatre à trente-sept pour mille. Dans le Pacifique, la répartition des larves indique une ponte au-dessus de vingt-quatre degrés.

Le calendrier dépend de la latitude. En eaux équatoriales, la ponte a lieu toute l’année ; plus au nord et plus au sud, elle se restreint au printemps et à l’été. Dans l’Atlantique, elle se concentre au printemps dans le sud de la mer des Sargasses.

La fécondation est externe et l’appariement se ferait entre un mâle et une femelle isolés, ce qui est inhabituel chez les grands pélagiques qui pondent le plus souvent en groupe.

Les chiffres de fécondité donnent la mesure de l’espèce : entre un et seize millions d’œufs pour une femelle de cent soixante-huit kilos, et jusqu’à vingt-neuf millions pour une femelle de deux cent soixante-douze kilos.

La maturité arrive tard, autour de deux mètres douze en moyenne, avec une fourchette d’un mètre cinquante-six à deux mètres cinquante.

L’eau qu’il lui faut

C’est un poisson du large, qu’on rencontre parfois près des côtes. Il se tient généralement au-dessus de la thermocline, dans une eau de dix-huit à vingt-deux degrés, mais sa plage de tolérance est extraordinairement large : de cinq à vingt-sept degrés, et de la surface à près de trois mille mètres.

Cette amplitude verticale est sa particularité. L’espadon descend chercher sa nourriture bien plus bas que la plupart des grands pélagiques, jusque dans des eaux presque glacées et sans lumière, avant de remonter. Il dispose pour cela d’un organe qui réchauffe son cerveau et ses yeux, ce qui lui permet de rester opérationnel là où d’autres poissons ralentissent.

Ce rythme vertical structure sa journée : profondeur le jour, remontée vers la surface la nuit, à la suite des proies qui font le même trajet.

Zones

  • Eaux pélagiques profondes hauturières
  • Zones de remontée nocturne de surface
  • Méditerranée centrale
  • Atlantique subtropical

Techniques

  • Dérive nocturne avec calmars
  • Traîne profonde de jour
  • Pêche au palangre sportive
  • Leurres pélagiques profonds

Appâts

  • Calmars lumineux naturels
  • Maquereaux entiers
  • Bonites riggées
  • Leurres grands fonds

Ce qu’il mange

L’espadon est un opportuniste qui chasse de la surface au fond, sur une gamme de profondeurs très étendue. Il mange surtout du poisson — maquereau, merlu argenté, sébaste, hareng, poissons-lanternes — et complète de crustacés et de céphalopodes.

Il se sert de son rostre pour tuer. Un passage à travers un banc, lame en travers, laisse derrière lui des proies blessées qu’il récupère ensuite : c’est une chasse à l’arme, pas à la poursuite, et elle explique la forme de la lame autant que sa robustesse.

Les grands individus accumulent des concentrations élevées de mercure dans leur chair, conséquence directe de leur position en bout de chaîne alimentaire et de leur longévité.

Comment le pêcher

L’espadon se pêche presque exclusivement de nuit dans la pêche de loisir, et le cycle vertical en donne la raison : il passe la journée en profondeur et remonte après le coucher du soleil pour chasser près de la surface. Une sortie s’organise donc à l’envers de la plupart des pêches en mer.

C’est ensuite une pêche de recherche, comme pour tous les pélagiques : lignes de courant, changements de couleur, écarts de température de l’eau, oiseaux au travail. Rien ne se joue sur un point fixe.

Le poisson lui-même impose son matériel. Une bête de deux à trois mètres qui plonge à plusieurs centaines de mètres après le ferrage exige des freins parfaitement réglés et des lignes qui encaissent des heures de combat. Un frein trop serré casse, trop lâche laisse le poisson gagner le fond.

La lame est un danger réel une fois le poisson au bateau. Elle reste dangereuse jusqu’au dernier moment, et c’est une des rares espèces où la manipulation est un sujet de sécurité avant d’être un sujet de bien-être animal.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Dangereux — Manipulation à risque : matériel, remise à l'eau et sécurité doivent être adaptés.

Conservation · Quasi menacée (UICN) — Cette espèce est en déclin. Relâche vite tes prises et manipule-les avec soin — mains mouillées, le moins de temps possible hors de l'eau.

Conservation

Les populations d’espadon déclinent, et le constat repose sur des séries d’observations, non sur une estimation indirecte.

Sa biologie explique la fragilité. Un poisson qui n’atteint la maturité qu’au-delà de deux mètres, dont l’âge est difficile à déterminer — les otolithes se prêtent mal à la lecture — et qui se déplace entre les eaux de dizaines de pays est difficile à gérer. Les femelles grandissent plus vite que les mâles, ce qui déséquilibre les prélèvements par taille.

L’espèce fait l’objet d’une gestion internationale, et son cas illustre pourquoi elle est indispensable : un stock qui traverse un océan entier ne se juge pas depuis un port. La différenciation génétique entre Méditerranée et Atlantique ajoute une contrainte, puisqu’elle interdit de compenser l’un par l’autre.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Espadon vient de l’espagnol espada, l’épée. Les anglophones disent swordfish ou broadbill, ce dernier nom insistant sur la largeur de la lame — le caractère qui le sépare des marlins. Les Italiens disent pesce spada, les Espagnols pez espada.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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