
Saumon coho (argenté)
Oncorhynchus kisutch · Salmonidae
- Mer
- Salmonidés
- Moyen
- Taille
71–108 cm
- Poids
4,4–15 kg
- Longévité
5 ans
- Temp. eau
0–25 °C
- Profondeur
0–250 m
Où le pêcher
- Estuaire
Icônes des milieux : Flaticon
Le saumon coho est un salmonidé anadrome au corps fusiforme et élancé, avec un dos bleu-vert métallique et des flancs argentés qui lui valent son surnom. Présent sur les côtes du Pacifique Nord, il remonte les rivières en automne pour frayer, adoptant alors une livrée rouge vif caractéristique.
Calendrier
Signalée dans 5 pays
Canada · Chili · États-Unis · Japon · Russie
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
La contrainte qui dessine cette aire n’est pas marine mais fluviale. Les jeunes émergent au printemps et passent ordinairement un à deux ans en eau douce, parfois jusqu’à quatre, avant de gagner un lac ou la mer. Ce séjour long est obligatoire, et il se déroule dans les parties profondes du cours d’eau, où chaque poisson devient rapidement très territorial.
La conséquence est directe : la capacité d’une rivière à produire des saumons argentés se mesure au nombre de postes profonds disponibles, pas à la surface de graviers de fraie. Un bassin correctement pourvu en frayères mais rectifié, sans fosses ni bras latéraux, garde ses adultes et cesse de produire des juvéniles.
La dévalaison elle-même se fait de nuit, ce qui la rend presque invisible à l’observation directe et complique les comptages.
Une partie des poissons reste par ailleurs en eau douce au-delà de deux ans et parvient à maturité sexuelle sans jamais voir la mer. Ces individus, appelés résidus, ne se reproduisent pas : ils mûrissent et se perdent. Toute rupture qui prolonge le séjour en rivière alimente donc une fraction stérile de la population.
Le reconnaître
Seul le lobe supérieur de la caudale est tacheté. Les petits points noirs couvrent le dos et le haut des flancs, s’arrêtent au sommet de la queue et laissent le lobe inférieur uni : ce partage est le premier caractère à vérifier, et il suffit dans la plupart des cas.
Le second se lit dans la bouche. La ligne des gencives de la mâchoire inférieure ne porte aucun pigment sombre, à la différence du saumon chinook, avec lequel un poisson argenté sorti de mer se confond volontiers.
Les branchiospines sont rugueuses et espacées, la ligne latérale presque droite, l’adipeuse étroite, les ventrales pourvues d’un prolongement axillaire. Neuf à treize rayons mous à la dorsale, douze à dix-sept à l’anale, soixante et une à soixante-neuf vertèbres.
En mer, le dos et le haut des flancs sont bleu métallique sombre ou verdâtres, le milieu et le bas du corps d’un argent éclatant qui a donné son nom commercial à l’espèce. La saison de reproduction fait virer la tête et le dos au vert, sombre ou vif, et les flancs à un rouge franc, le ventre s’assombrissant souvent ; les femelles restent plus discrètes.
Le dimorphisme de taille est marqué : la taille courante des mâles est de soixante et onze centimètres, celle des femelles de cinquante-neuf et demi, et les records publiés creusent le même écart. L’âge maximal rapporté est de cinq ans.
La reproduction
L’entrée en rivière obéit à la pluie. Les adultes quittent la mer ou le lac, se rassemblent en bancs devant les embouchures, et ne s’engagent qu’au moment où les précipitations font monter le débit. Sans cette hausse, les poissons attendent au large de la barre.
Le calendrier suit ensuite un gradient de latitude, et il vaut mieux le connaître que de raisonner par saison : les entrées de décembre et janvier concernent le sud de l’aire, et la date se décale d’autant plus tôt qu’on remonte vers le nord.
Sur la frayère, la femelle choisit son emplacement, creuse une cuvette et tient les autres femelles à distance pendant que son partenaire écarte ses rivaux. Ils descendent ensemble dans le nid, flanc contre flanc, ouvrent la bouche et frémissent en libérant œufs et laitance ; d’autres mâles s’y jettent alors pour y ajouter la leur. La cuvette suivante, creusée en amont, referme la précédente, et l’opération se répète plusieurs jours.
La fin de parcours sépare nettement les deux sexes. Le mâle s’en va dès sa part accomplie et peut rechercher une autre femelle. La femelle, elle, continue de creuser sans s’arrêter jusqu’à mourir sur place : le dernier geste de sa vie est un geste de recouvrement.
L’eau qu’il lui faut
L’espèce se tient entre la surface et deux cent cinquante mètres, dans une eau comprise entre zéro et vingt-cinq degrés, et occupe indifféremment l’océan et les grands lacs.
Le jeune en rivière recherche la profondeur et l’ombre plutôt que le courant, ce qui distingue nettement ce salmonidé des espèces de radier. Il défend un poste et n’en tolère pas d’autre à proximité, si bien que la densité juvénile plafonne vite même dans une eau riche.
Les smolts arrivés en mer restent d’abord collés à la côte, puis s’éloignent progressivement du bord à mesure qu’ils grandissent. Les adultes de haute mer sont épipélagiques et couvrent des distances considérables avant de revenir.
Zones
- Plats peu profonds en rivière côtière
- Embouchures de rivières
- Zones côtières en mer
- Fosses en aval d'obstacle
Techniques
- Streamer brillant à la mouche
- Cuiller tournante
- Spoon twitché
- Leurre de surface
Appâts
- Streamers à reflets argentés
- Cuillers lumineuses
- Œufs artificiels
- Spoons brillants
Ce qu’il mange
Les jeunes en rivière et en lac vivent surtout d’insectes. Le régime bascule dès la mer : les smolts commencent par les crustacés planctoniques de la bande côtière, puis, en s’éloignant du bord, s’attaquent à des proies bien plus grosses — méduses, calmars et poissons.
Ce passage à des proies de fort volume explique la croissance rapide et la taille finale des mâles. Il place aussi l’espèce au milieu d’une chaîne dense : elle est chassée par d’autres poissons, par les oiseaux plongeurs — harles, plongeons, martins-pêcheurs — par des mammifères, et par les lamproies, qui laissent sur les flancs des cicatrices rondes caractéristiques.
Comment le pêcher
Le déclencheur est météorologique. Une pluie qui gonfle la rivière met en mouvement des bancs stationnés devant l’estuaire, et les journées qui suivent une hausse de débit valent des semaines de conditions stables. Surveiller les précipitations sur le bassin renseigne davantage que n’importe quelle observation faite sur place la veille.
Le second point porte sur les postes. Un poisson qui a passé un ou deux ans à défendre une fosse conserve un rapport étroit à la profondeur, et c’est là qu’il s’arrête en montaison. Les fosses, les bras latéraux et les creux sous berge tiennent l’essentiel des poissons, quand les zones de radier ne servent qu’au passage.
Le troisième concerne l’état du poisson. Un argenté frais entré, encore métallique, n’a rien à voir avec le même individu quinze jours plus tard, vert et rouge, engagé dans sa transformation. La fenêtre utile est celle qui sépare l’entrée en eau douce de la coloration.
Reste la question des résidus. Un poisson mûr pris loin en amont, qui n’a jamais migré, appartient peut-être à cette fraction incapable de se reproduire : sa présence signale un obstacle à la dévalaison plutôt qu’une population en bonne santé.
Conservation
Ce saumon est le plus dépendant de la rivière de tout le genre, et c’est là que se joue son sort. Il lui faut une à deux années de fosses profondes, ombragées et cloisonnables, ressource que l’aménagement des cours d’eau supprime avant toute autre : recalibrage, suppression des bras morts, retrait des embâcles, régularisation des débits.
Le second facteur est la continuité de la dévalaison. Un jeune retenu au-delà de deux ans mûrit sur place et rejoint la fraction des résidus, qui ne contribue en rien à la génération suivante. Une population peut donc paraître abondante en juvéniles tout en produisant très peu d’adultes reproducteurs.
Le troisième tient au déclencheur de la montaison. Une gestion hydraulique qui lisse les crues supprime le signal auquel l’espèce répond, et des poissons prêts peuvent rester bloqués devant une embouchure faute de la hausse de débit qui les mettrait en route.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Saumon coho en français, du terme salish passé par l’anglais nord-américain, et saumon argenté d’après la robe marine — l’allemand dit Silberlachs, l’italien salmone argentato, le portugais du Brésil salmão-prateado. Le nom de silver salmon coexiste avec coho dans l’usage américain, sans qu’aucune distinction biologique ne les sépare.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org