
Ablette
Alburnus alburnus · Cyprinidae
- Eau douce
- Carpes & blancs
- Facile
- Taille
15–18 cm
- Poids
0,0–0,1 kg
- Temp. eau
10–20 °C
Où le pêcher
- Canal
- Lac
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Minuscule poisson argenté formant d'immenses bancs - Pêche de vitesse
Calendrier
Signalée dans 24 pays
Allemagne · Autriche · Belgique · Biélorussie · Danemark · Espagne · Estonie · Finlande · France · Hongrie · Lituanie · Luxembourg · Norvège · Pays-Bas · Pologne · Portugal · Roumanie · Royaume-Uni · Russie · Slovaquie · Suède · Suisse · Tchéquie · Ukraine
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce occupe la majeure partie de l’Europe au nord du Caucase, des Pyrénées et des Alpes, et s’étend vers l’est jusqu’à l’Oural et l’Emba. C’est une aire de plaine et de moyenne altitude, cadrée par des chaînes de montagnes plus que par des méridiens.
Les absences naturelles dessinent cette limite mieux que les présences. Le poisson manquait à la péninsule Ibérique, aux bassins adriatique et égéen sauf la Maritza, à l’Italie, à l’Irlande, à la Grande-Bretagne hors de son sud-est, à la Norvège et à la Scandinavie au-delà du soixante-septième parallèle, ainsi qu’au bassin caspien au sud de la Volga. En Anatolie, il se limite au bassin de Marmara.
Plusieurs de ces trous ont été comblés à la main. Des introductions locales l’ont installé en Espagne, au Portugal et en Italie, et au moins un pays a constaté un effet écologique défavorable après son arrivée. Le cas italien mérite une note : la péninsule abrite un congénère indigène, l’alborelle, dont l’aire recoupe désormais celle d’un cyprinidé de banc au régime identique.
Le reconnaître
La bouche est orientée vers le haut. Légèrement, mais assez pour que la mâchoire inférieure dépasse et que l’ouverture regarde la surface plutôt que le fond. Chez un poisson de quinze centimètres, ce détail vaut mieux qu’un comptage : il dit où l’animal vit et ce qu’il mange.
Le flanc, lui, ne porte rien. Aucune bande sombre longitudinale de son vivant, et rien de plus qu’une trace incertaine sur un individu conservé — ce qui est un caractère en soi, plusieurs de ses proches en portant une bien marquée. L’ensemble est argent vif, presque miroir, avec un dos verdâtre.
Les comptages tranchent les cas douteux. L’origine de l’anale se place sous les quatrième et cinquième rayons ramifiés de la dorsale, la ligne latérale compte quarante-cinq à quarante-huit écailles plus trois sur la caudale, l’anale porte dix-sept à vingt rayons ramifiés et demi, et l’on relève seize à vingt-deux branchiospines pour quarante et une à quarante-quatre vertèbres. L’arête du ventre est dépouillée d’écailles sur toute la distance qui va de l’anus à la base des ventrales.
Les dimensions ferment le sujet. La maturité est atteinte à dix centimètres à peine et la taille courante est de quinze. Toute la vie adulte de ce poisson tient dans une main.
La reproduction
La ponte se fait sur la pierre, en eau peu profonde : radiers de faible tirant d’eau, rives caillouteuses des lacs, parfois au-dessus de la végétation immergée. Le support est dur et propre, pas vaseux.
L’incubation dure environ quatre jours. C’est très court, et cela change la nature du risque : la ponte n’a pas besoin d’un support stable pendant des semaines, seulement d’une eau qui ne bouge pas trop pendant quatre-vingt-seize heures. Une ponte qui éclôt en quatre-vingt-seize heures encaisse mieux un coup de crue qu’une ponte laissée des semaines sur le gravier.
L’eau qu’il lui faut
C’est un poisson de pleine eau et de couche superficielle. Il occupe les zones libres des lacs et des rivières moyennes à grandes, en bancs tenus près de la surface, dans une eau de dix à vingt degrés, neutre à alcaline et plutôt dure.
Sa vie change de théâtre en grandissant, et dans le sens inverse de ce qu’on observe chez la plupart des cyprinidés. Les larves restent dans la zone littorale ; les juvéniles, eux, quittent les bordures pour gagner la pleine eau, où ils vivent de plancton, d’insectes dérivants et d’invertébrés tombés à la surface. Ce n’est pas la bordure qui sert de nurserie ici, c’est le large qui accueille les jeunes.
L’hiver rassemble tout le monde ailleurs. Les bancs quittent les eaux libres pour former de très fortes concentrations dans les bras morts et les eaux dormantes. Un plan d’eau qui semble vide en janvier ne l’est pas : le poisson est massé dans les annexes.
Zones
- Surface
- mi-eau
- zones calmes
Techniques
- Ligne au coup ultra-légère
- Anglaise volante
Appâts
- Asticots
- Pinkies
- Vers de vase
Ce qu’il mange
Du plancton, essentiellement — crustacés planctoniques et insectes. Rien qui se cherche au fond, rien qui demande de fouiller un substrat.
La conséquence tient à la position de la bouche. Un poisson qui regarde vers le haut prélève ce qui dérive et ce qui tombe, et il monte le chercher : une éclosion d’insectes, un coup de vent qui charge la surface, un arbre qui laisse tomber ses hôtes concernent directement ce banc. C’est aussi ce qui le rend prenable à la mouche, ce qu’on n’attend pas d’un cyprinidé de cette taille.
Comment le pêcher
Le montage se règle en centimètres sous la surface. Le poisson tient la couche haute ; un plomb qui l’emmène à mi-profondeur passe sous le banc entier. Hameçon minuscule, esche menue, appâts qui dérivent plutôt qu’ils ne descendent.
C’est une pêche de cadence. Le banc est nombreux, la touche immédiate, et le rendement dépend du rythme de remise à l’eau plus que de la subtilité du montage. L’amorçage fin, en pluie et en surface, tient le banc sur place au lieu de l’appeler de loin.
L’essentiel de sa valeur pour un pêcheur est toutefois indirect. L’ablette est le vif de référence pour les carnassiers, elle est du reste élevée pour cet usage, et sa présence détermine celle des prédateurs qui la suivent — l’aspe en a fait sa proie principale. Repérer un banc d’ablettes en surface renseigne donc autant sur ce qui rôde dessous que sur ce qu’on peut prendre.
Une dernière chose, historique celle-là : ce poisson a été pêché pour ses écailles et non pour sa chair. Elles servaient à fabriquer l’essence d’Orient, l’enduit nacré dont on revêtait les perles artificielles, et il en fallait des quantités considérables pour un collier.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Ablette en français, mot dérivé du latin albus, le blanc, comme le nom scientifique lui-même — répété deux fois, genre et espèce. L’anglais dit bleak, l’allemand Ukelei, l’italien alborella, l’espagnol alburno. Attention au terme italien : il désigne dans l’usage courant l’espèce indigène de la péninsule, qui est un autre poisson.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org