
Barbue de rivière
Ictalurus punctatus · Ictaluridae
- Eau douce
- Silures & poissons-chats
- Moyen
- Taille
57–132 cm
- Poids
1,6–26 kg
- Longévité
24 ans
- Temp. eau
10–32 °C
- Profondeur
0–15 m
Où le pêcher
- Lac
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
La barbue de rivière est le poisson-chat le plus répandu d'Amérique du Nord, reconnaissable à son corps fuselé bleuâtre à dos gris-bleu, son ventre blanc et sa queue fourchue distincte. Carnassier opportuniste des grandes rivières et lacs, il se nourrit au fond à l'aide de ses huit barbillons sensoriels.
Calendrier
Signalée dans 6 pays
Canada · États-Unis · Italie · Japon · Mexique · Russie
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce est native du système Saint-Laurent–Grands Lacs, de la baie d’Hudson par la rivière Rouge, et des bassins Missouri-Mississippi, du sud du Québec au sud du Manitoba et au Montana, et vers le sud jusqu’au golfe. Elle est peut-être native des versants atlantique et golfien de la Susquehanna à la Neuse, de la Savannah au lac Okeechobee, et vers l’ouest jusqu’au nord du Mexique et à l’est du Nouveau-Mexique.
Elle a été introduite dans la majeure partie des États-Unis et bien au-delà.
Le reconnaître
La caudale est profondément fourchue, ce qui sépare l’espèce des poissons-chats américains à queue arrondie ou tronquée. De longs barbillons entourent la bouche.
La coloration va du bleu olive au gris ou au noir sur le dessus, blanchissant sous le ventre, avec des taches sombres généralement dispersées sur les flancs.
Les vieux mâles foncent, et leur tête paraît très large vue de dessus — dimorphisme utile qui permet de reconnaître un gros mâle sans le retourner.
La reproduction
La ponte a lieu d’avril à juillet selon la latitude, à des températures de vingt-sept à vingt-huit degrés.
Le couple creuse une dépression dans le fond, et la femelle y dépose ses œufs sur substrat sableux. Le mâle garde le nid.
L’incubation dure trois à huit jours, le développement larvaire douze à seize jours, selon la température.
Un détail de physiologie mérite d’être signalé : l’espèce a besoin d’eau fraîche et de jours courts pendant l’hiver. Ce n’est pas une tolérance mais une exigence — une saison froide est nécessaire au cycle, ce qui limite son établissement sous les tropiques.
La maturité arrive vers quarante-trois centimètres, avec une plage rapportée de cinquante-quatre à soixante-sept.
L’eau qu’il lui faut
Les adultes occupent les lacs et les fosses et courants profonds sur sable ou roche, dans les rivières petites à grandes. On les trouve dans les cours d’eau et les ruisseaux, avec une préférence pour l’eau propre et bien oxygénée, mais aussi dans les étangs et les retenues.
Cette exigence de qualité d’eau est ce qui le distingue le plus des poissons-chats américains introduits en Europe, qui prospèrent dans les eaux croupies. Celui-ci demande mieux.
Zones
- Chenaux profonds
- Fosses en aval des barrages
- Berges encombrées
- Bras morts
Techniques
- Pêche au fond avec appât odorant
- Pêche au vif
- Mort manié
- Leurre souple de fond
Appâts
- Foie de poulet
- Poisson mort
- Ver de terre
- Appât odorant (stink bait)
Ce qu’il mange
Son régime est composé principalement de petits poissons, de crustacés comme les écrevisses, de bivalves et d’escargots, ainsi que d’insectes aquatiques et de petits mammifères.
L’éventail est large et va du mollusque au mammifère, ce qui suppose à la fois une capacité à broyer et une gueule capable de saisir.
Comment le pêcher
Les fosses et les courants profonds sur sable ou roche sont les postes, en eau propre et oxygénée. C’est ce qui sépare sa recherche de celle des poissons-chats de mare.
Les barbillons portent des récepteurs chimiques : le poisson localise sa nourriture à l’odeur, et les appâts odorants fonctionnent mieux que les présentations visuelles, y compris en eau trouble et de nuit.
Sa garde du nid, du printemps au début de l’été, rend les mâles agressifs et localisables — avec la contrepartie habituelle sur la ponte.
Vingt-quatre ans de vie et une taille courante de cinquante-sept centimètres.
Conservation
L’espèce n’est pas menacée et elle est massivement élevée en aquaculture, y compris en rizière — c’est l’un des poissons d’élevage les plus produits au monde.
Là où elle est introduite, elle pose le problème d’un prédateur généraliste de belle taille. Sa nécessité d’un hiver frais et de jours courts limite néanmoins son établissement, ce qui la rend moins envahissante que les poissons-chats à respiration aérienne.
Son exigence d’eau propre et bien oxygénée fait enfin d’elle un poisson que la dégradation d’un cours d’eau écarte, à la différence de ses parents plus tolérants.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Barbue de rivière en français, ou barbotte au Québec. Channel catfish en anglais. Le mot « poisson-chat » désigne en français une autre espèce, bien plus petite, et le mot catfish en anglais recouvre des milliers d’espèces sur tous les continents.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org