
Requin marteau commun
Sphyrna zygaena · Sphyrnidae
- Mer
- Requins & raies
- Moyen
- Protégé
- Réglementé
- Dangereux
- Taille
335–500 cm
- Poids
253–400 kg
- Longévité
21 ans
- Profondeur
0–200 m
Où le pêcher
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
Le requin marteau commun est une espèce pélagique au corps robuste dont la tête en marteau présente des bords plus lisses que chez ses cousins. Il fréquente les eaux côtières et du large dans les zones tempérées et tropicales, souvent à la surface ou en pleine eau.
Calendrier
Signalée dans 14 pays
Afrique du Sud · Allemagne · Australie · Chili · Équateur · Espagne · États-Unis · Îles Féroé · Italie · Japon · Mexique · Mozambique · Nouvelle-Zélande · Portugal
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
Cinquante-neuf degrés nord, cinquante-cinq degrés sud : c’est l’amplitude de latitude la plus large du genre, et de très loin. Là où ses congénères s’arrêtent aux quarante-sixièmes parallèles, celle-ci pousse jusque dans les mers franchement tempérées.
Cette tolérance au froid change son statut de rencontre. C’est le seul marteau qu’un pêcheur d’Europe de l’Ouest, d’Afrique du Sud ou de Nouvelle-Zélande a une chance de croiser sans quitter ses eaux, et c’est aussi le seul dont l’aire recouvre les zones de pêche les plus industrialisées de la planète.
Le déplacement suit la saison. Les animaux remontent vers le nord en été et redescendent ensuite, ce qui fait de leur présence à la limite de l’aire un phénomène de quelques mois plutôt qu’une installation.
Le reconnaître
Rien ne creuse le milieu du front. La tête décrit une courbe régulière d’une extrémité à l’autre, sans la moindre entaille centrale, et cette absence est le caractère décisif : les deux autres marteaux de ce format en portent une, franche chez l’un, réduite à une encoche chez l’autre. Les indentations latérales, elles, restent bien marquées.
Le museau est court, un cinquième à moins d’un tiers de la largeur de la tête, ce qui donne au marteau une silhouette ramassée plutôt qu’étirée. La bouche décrit un arc large. Les sillons prénarinaux sont bien développés.
La voilure est basse. Première dorsale de hauteur moyenne, seconde dorsale et ventrales basses — l’inverse exact de la haute voile du grand marteau, et le moyen le plus rapide de trancher entre les deux sur un animal vu de profil.
Le dos tire sur le gris-olive ou le gris sombre, le ventre est blanc, et seules les faces inférieures des pointes pectorales sont salies. La section du corps est anguleuse.
La reproduction
La portée est la plus abondante du genre : vingt à cinquante jeunes, trente à quarante d’après les séries les mieux documentées, pour une gestation de dix à onze mois et une naissance à cinquante ou soixante centimètres.
Cette abondance ne compense pas le reste. La maturité n’intervient qu’entre deux mètres cinquante et trois mètres, sur un animal dont la longévité relevée n’excède pas vingt et un ans. C’est la durée de vie la plus courte des trois grands marteaux, et elle laisse peu de saisons de reproduction à une femelle qui a mis la moitié de sa vie à les atteindre.
L’eau qu’il lui faut
Il occupe la tranche de surface. La profondeur relevée va de zéro à deux cents mètres, l’usage ordinaire de zéro à vingt, et l’animal se tient volontiers associé au fond entre un et cent trente-neuf mètres selon les secteurs.
Il fréquente aussi bien le proche littoral que le large, au-dessus des plateaux continentaux et insulaires. Les fronts thermiques et les veines de courant le concentrent, parce qu’ils concentrent d’abord ce dont il vit.
Les jeunes se rassemblent, souvent par centaines. Ces agrégations de petits sujets sont saisonnières et localisées, et elles constituent la forme sous laquelle l’espèce se rencontre le plus souvent.
Zones
- Eaux pélagiques de surface
- Fronts thermiques marins
- Zones de courants côtiers
- Haute mer tempérée et tropicale
Techniques
- Traîne de surface
- Pêche au vif en dérive
- Chum hauturier
- Pêche aux leurres en surface
Appâts
- Maquereaux
- Bonites
- Calamars
- Sardines
- Petits pélagiques
Ce qu’il mange
Il mange surtout des élasmobranches. Petits requins, raies et pastenagues arrivent en tête, ce qui est inhabituel : la plupart des grands prédateurs marins prennent des raies à l’occasion, celui-ci les préfère, et il y ajoute d’autres requins.
Le reste du menu descend en gamme sans logique évidente : poissons osseux, crevettes, crabes, céphalopodes, et jusqu’à des balanes. Un prédateur qui consomme des cirripèdes fixés ne se limite pas à ce qui nage devant lui.
Comment le pêcher
L’animal se prend en surface, ce qui découle directement de sa tranche d’occupation. Traîne de surface, vif en dérive, leurres travaillant haut : les présentations profondes ne le rencontrent pas, ou par accident.
La saison compte davantage que le poste. La remontée estivale vers les hautes latitudes ouvre une fenêtre de quelques mois à la limite nord de l’aire, et cette fenêtre se referme. Chercher l’espèce hors saison dans les mêmes eaux revient à pêcher une zone qu’elle a quittée.
Deux avertissements accompagnent la prise. Le premier est classique : l’animal est classé traumatogène, et sa présence en eaux tempérées explique surtout que peu d’incidents lui soient formellement attribués. Le second est plus rare et mérite d’être connu : des empoisonnements ont été rapportés après consommation. Un requin de cette taille accumule dans ses tissus ce que sa chaîne alimentaire lui transmet, et le conserver n’a rien d’anodin.
Protégé — Espèce sensible ou protégée selon les zones : vérifie la réglementation locale avant toute action.
Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.
Dangereux — Manipulation à risque : matériel, remise à l'eau et sécurité doivent être adaptés.
Conservation · Vulnérable (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.
Conservation
Le recouvrement géographique est le problème central. Une aire qui s’étend jusqu’aux cinquante-cinquièmes parallèles croise les grandes pêcheries palangrières à thons et à requins de l’Atlantique nord, du Pacifique et de l’hémisphère sud. L’espèce n’est pas visée, elle est rencontrée, et elle l’est partout.
La valorisation ne laisse pas non plus de place au relâcher. La chair se consomme fraîche, salée-séchée ou fumée, l’huile de foie est extraite, les ailerons partent au commerce, la peau au cuir, la carcasse à la farine, et l’espèce alimente en outre la pharmacopée chinoise. Une capture non désirée trouve donc toujours un débouché.
Les grandes portées trompent sur la capacité de reconstitution. Cinquante petits par mise bas font illusion tant qu’on oublie les vingt et un ans de longévité et les deux mètres cinquante à franchir avant la première d’entre elles.
Reste que l’animal migre entre des eaux qui relèvent d’États différents. Son inscription à l’annexe II de la Convention sur les espèces migratrices vise exactement ce point : coordonner la gestion d’une population qu’aucune juridiction ne contient à elle seule.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Requin marteau commun en français, smooth hammerhead en anglais. L’adjectif anglais dit précisément ce que la fiche d’identification cherche : un front lisse, sans l’échancrure médiane des autres espèces. Le nom français, lui, se contente de constater qu’il est le plus fréquemment rencontré, ce qui n’est vrai que dans les eaux tempérées.
L’épithète zygaena est le mot par lequel les auteurs grecs de l’Antiquité désignaient déjà ces requins à tête élargie. C’est l’un des rares noms de poissons marins qui soit arrivé jusqu’à la nomenclature moderne sans passer par une description nouvelle.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org