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EspècesNœuds
Requin peau bleue
Photo : Piscary

Requin peau bleue

Prionace glauca · Carcharhinidae

  • Mer
  • Requins & raies
  • Moyen
  • Réglementé
  • Dangereux
  • Taille

    335–400 cm

  • Poids

    274–206 kg

  • Longévité

    20 ans

  • Temp. eau

    7–21 °C

  • Profondeur

    0–1 082 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le requin peau bleue est un grand requin pélagique au corps fuselé, reconnaissable à son dos bleu indigo intense et ses longues nageoires pectorales. L'une des espèces de requins les plus répandues au monde, il parcourt les océans ouverts tempérés et tropicaux sur de très longues distances.

Calendrier

Signalée dans 36 pays

Afrique du Sud · Albanie · Allemagne · Argentine · Australie · Bénin · Brésil · Cameroun · Canada · Chili · Colombie · Côte d’Ivoire · Danemark · Espagne · États-Unis · France · Gabon · Ghana · Grèce · Groenland · Îles Féroé · Indonésie · Irlande · Islande · Italie · Liberia · Mexique · Nigeria · Norvège · Nouvelle-Zélande · Pays-Bas · Pérou · Portugal · Royaume-Uni · Sierra Leone · Svalbard et Jan Mayen

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire fait le tour du globe, du soixante-dixième parallèle nord au cinquante-cinquième sud, et couvre les trois océans plus la Méditerranée. C’est probablement la plus vaste répartition de tous les poissons cartilagineux.

Cette extension est d’autant plus remarquable que l’espèce est une espèce d’eau fraîche : sa gamme thermique va de sept à vingt et un degrés, ce qui exclut la surface de la ceinture tropicale. La contradiction n’en est pas une. Une eau à quinze degrés existe partout, il suffit d’y descendre — sous l’équateur, elle est simplement plus bas. Le requin ne contourne pas les tropiques, il passe dessous.

Les déplacements individuels sont à la mesure de l’aire. Un animal marqué en Nouvelle-Zélande a été repris à mille deux cents kilomètres au large du Chili.

Le reconnaître

Le bleu est réel. Ce n’est pas un reflet ni une impression de lumière : le dos est bleu foncé, les flancs d’un bleu vif, le ventre blanc, et cette couleur appartient à l’animal vivant. Elle s’éteint en quelques heures après la mort et laisse un poisson gris. La plupart de ceux qui manipulent cette espèce à quai ne la voient jamais telle qu’elle est.

La silhouette dit le reste. Le corps est mince et élancé, le museau long et conique, l’œil grand. Les pectorales sont longues et étroites, taillées en aile de planeur, et leur extrémité s’assombrit, comme celle de l’anale.

Le dos ne porte aucune crête entre les deux dorsales, caractère qui a son intérêt pour trancher face aux requins gris de même gabarit. Les dents de la mâchoire supérieure sont triangulaires, incurvées, à bords dentelés.

Les dimensions courantes sont considérables : trois mètres trente-cinq pour un individu ordinaire, et vingt ans de longévité relevée.

La reproduction

La portée est hors norme pour un requin. La fourchette ordinaire va de quinze à trente petits, la fourchette complète de quatre à cent trente-cinq, et jusqu’à quatre-vingts jeunes ont été comptés dans une seule femelle. Ils naissent entre trente-cinq et quarante-quatre centimètres, après neuf à douze mois de gestation, nourris par un placenta véritable.

La maturité arrive à quatre ou cinq ans, vers deux mètres cinquante — un mètre quatre-vingt-dix-neuf en moyenne selon les mesures, avec une amplitude d’un mètre soixante-dix à deux mètres vingt et un. Quatre ans avant la première reproduction, une portée par an ou presque, une trentaine de petits à chaque fois : le calendrier est celui d’un poisson osseux plutôt que d’un grand squale.

Un dimorphisme sexuel mérite d’être signalé, parce qu’il ne porte sur rien d’habituel. À taille égale, les femelles adultes et subadultes ont la peau plus épaisse que les mâles. La documentation donne le fait sans l’expliquer ; il se lit à côté d’une autre observation, celle d’un appariement avec enlacement, et les deux se répondent d’elles-mêmes.

L’eau qu’il lui faut

C’est un poisson du large, qui n’approche du bord que là où le plateau continental est étroit. Sa tranche habituelle va du premier mètre à deux cent vingt, l’essentiel se situant au-dessus de cent cinquante, mais l’enregistrement le plus profond atteint mille quatre-vingt-deux mètres. Il est signalé jusque dans des estuaires et supporte l’eau saumâtre.

Ces trois informations — épipélagique, mille mètres, estuaire — décrivent un animal qui n’est fidèle à aucune couche d’eau. Il occupe la profondeur où se trouve sa gamme de température, et cette profondeur change avec la latitude et avec la saison.

Zones

  • Eaux pélagiques profondes au large
  • Zones de convergence océanique
  • Grandes zones de pêche offshore
  • Abords des canyons sous-marins

Techniques

  • Pêche à la dérive avec bourriche
  • Ligne de fond dérivante
  • Pêche à la traîne au large
  • Pêche au vif en pleine eau

Appâts

  • Morceaux de maquereau ou de thon
  • Calamars entiers
  • Sardines fraîches
  • Amorçage à la bourriche (chum)

Ce qu’il mange

La liste des proies est longue et se lit avec attention, parce qu’elle contredit à moitié la réputation de l’espèce. Y figurent le hareng, le maquereau et le stromatée, poissons de pleine eau ; mais aussi la morue, l’aiglefin, le lieu, les merluches et les flets, qui vivent au fond ou près de lui.

Un requin décrit comme épipélagique et qui consomme des poissons plats ne reste pas en surface. C’est le régime, plus encore que les enregistrements de profondeur, qui montre l’amplitude verticale réelle de l’animal.

S’y ajoutent de petits requins, des calmars, les crabes rouges pélagiques, des oiseaux de mer à l’occasion, des charognes de cétacés et des déchets. Ces deux dernières entrées comptent : un prédateur qui exploite une carcasse flottante remonte une odeur sur de longues distances, et un prédateur qui avale des ordures ne trie pas beaucoup avant d’essayer.

Comment le pêcher

Le corollaire pratique du régime est immédiat : l’appât odorant travaille mieux que l’appât vu. Un animal habitué à trouver des carcasses en pleine eau vient de loin sur une traînée, et il ne dispose d’aucune raison de s’en méfier.

La température organise ensuite la recherche. Sept à vingt et un degrés, c’est le côté frais des fronts thermiques du large, et sous les tropiques c’est une tranche située bien sous la surface. Chercher ce requin dans l’eau la plus chaude d’un secteur est une erreur de couche autant que de latitude.

La géographie complète le tableau. L’espèce ne vient au bord que là où le plateau se réduit, ce qui limite à quelques littoraux les endroits où elle se prend depuis la côte. Partout ailleurs, il faut aller la chercher.

Elle est signalée comme potentiellement dangereuse pour l’homme. Sa chair se vend fraîche, séchée, salée ou congelée, sa peau part en maroquinerie et ses ailerons vers la soupe.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Dangereux — Manipulation à risque : matériel, remise à l'eau et sécurité doivent être adaptés.

Conservation · Quasi menacée (UICN) — Cette espèce est en déclin. Relâche vite tes prises et manipule-les avec soin — mains mouillées, le moins de temps possible hors de l'eau.

Conservation

La démographie n’est pas le point faible ici, et c’est ce qui rend le cas intéressant. Une maturité à quatre ou cinq ans, une gestation de moins d’un an, quinze à trente petits par portée : ce requin se renouvelle plus vite que la plupart des espèces de sa taille, et il devrait encaisser une exploitation qui en ruinerait d’autres.

Ce qui pèse est le volume. L’animal occupe exactement la tranche d’eau et la gamme thermique où travaillent les palangres du large dans les trois océans, sur des millions d’hameçons tendus pour d’autres espèces. Il n’est visé par personne et rencontré par tout le monde ; c’est le requin le plus pris accessoirement au monde, et la quantité prélevée n’a aucun rapport avec l’effort dirigé contre lui.

Sa faible valeur unitaire aggrave le problème au lieu de le résoudre. Un poisson d’intérêt commercial mineur ne fait l’objet d’aucun quota jalousement défendu, ne figure pas au premier rang des tableaux de débarquement, et disparaît des statistiques dans la catégorie des captures non ciblées. Une espèce que personne ne compte parce que personne ne la cherche peut décliner longtemps sans que le signal apparaisse.

Enfin, aucune juridiction ne détient cette population. Un individu marqué en Nouvelle-Zélande et repris au large du Chili a traversé les eaux de plusieurs États et de vastes étendues de haute mer. C’est cette dispersion qui a valu à l’espèce son inscription à l’annexe II de la convention sur les espèces migratrices, qui organise la coopération entre États de l’aire, et le suivi de son commerce international au titre de l’annexe II de la CITES.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Requin peau bleue en français, où le nom désigne le tégument plutôt que l’animal — une précision de tanneur, et elle a son sens puisque la peau de cette espèce est effectivement travaillée.

Blue shark, Blauhai, tiburón azul, tubarão-azul : quatre langues sur la couleur. L’italien se sépare du groupe avec verdesca, construit sur le vert, ce qui décrit assez bien la teinte que prend le poisson une fois la couleur vive éteinte.

Le nom scientifique vise ailleurs. Prionace associe les racines grecques de la scie et de la pointe, et désigne la dentelure des dents ; glauca est le bleu-vert glauque de la mer. Le genre ne compte que cette espèce.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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