
Truite arc-en-ciel
Oncorhynchus mykiss · Salmonidae
- Eau douce
- Salmonidés
- Moyen
- Taille
60–123 cm
- Poids
2,3–25 kg
- Longévité
11 ans
- Temp. eau
10–24 °C
- Profondeur
0–200 m
Où le pêcher
- Lac
- Étang
- Rivière
Icônes des milieux : Flaticon
Bande rose irisée caractéristique - Originaire Amérique du Nord - Élevage massif
Calendrier
Signalée dans 56 pays
Afrique du Sud · Albanie · Allemagne · Andorre · Argentine · Australie · Autriche · Belgique · Bolivie · Bosnie-Herzégovine · Brésil · Canada · Chili · Chine · Chypre · Colombie · Corée du Sud · Costa Rica · Croatie · Danemark · Équateur · Espagne · États-Unis · Finlande · France · Grèce · Île de Man · Inde · Iran · Irlande · Israël · Italie · Japon · La Réunion · Lesotho · Liechtenstein · Luxembourg · Mexique · Monténégro · Norvège · Nouvelle-Zélande · Pakistan · Panama · Pays-Bas · Pérou · Pologne · Portugal · Royaume-Uni · Russie · Serbie · Slovénie · Suède · Suisse · Tchéquie · Terres australes françaises · Turquie
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’aire d’origine de l’arc-en-ciel est le versant pacifique de l’Amérique du Nord, du bassin de la Kuskokwim en Alaska à celui de l’Otay en Californie, plus le Kamtchatka de l’autre côté du Pacifique.
Elle est aujourd’hui l’un des poissons les plus transportés de la planète. Introduite et établie dans tout le Canada et les États-Unis hors de son aire, puis sur tous les continents, elle doit sa diffusion à une combinaison rare : elle grandit vite, supporte l’élevage, accepte l’aliment artificiel et attire les pêcheurs. Elle est déversée dans presque toutes les eaux qui restent sous vingt-cinq degrés l’été et suffisamment oxygénées.
Plusieurs pays signalent un impact écologique défavorable là où elle s’est installée durablement, aux dépens de salmonidés natifs qui occupaient la même niche.
Le reconnaître
La bande rose à rouge qui court de la tête à la queue est le caractère qui a donné son nom à l’espèce, et c’est aussi le plus fiable. Elle manque chez la forme migratrice de mer, uniformément argentée, mais elle est nette chez tous les poissons de rivière et de lac.
Le reste distingue l’arc-en-ciel des truites européennes par accumulation. Les points noirs couvrent le corps ET la nageoire caudale, ce qui n’arrive pas chez la fario. Le corps est allongé, comprimé latéralement chez les gros sujets, avec cent quinze à cent trente écailles sur la rangée médiane. L’anale porte six à neuf rayons ramifiés, huit le plus souvent.
La coloration varie beaucoup selon le milieu, la taille et l’état sexuel. Un poisson de rivière ou en période de fraie est sombre et intensément coloré ; un poisson de lac est plus clair, plus brillant, plus argenté. Les mâles en fraie changent légèrement de tête et de bouche, sans développer la bosse du saumon rose ni les tubercules nuptiaux d’autres salmonidés.
Les juvéniles portent cinq à dix marques de parr sur les flancs — des taches ovales sombres qui disparaissent en grandissant.
La reproduction
La femelle choisit l’emplacement et creuse une fosse dans le gravier. Pendant qu’elle travaille, un mâle lui fait la cour ou occupe le temps à chasser ses rivaux. Dès que la fosse est prête, elle s’y laisse tomber, immédiatement suivie du mâle : les deux se placent côte à côte, ouvrent la bouche, frémissent et libèrent ensemble œufs et laitance. Un mâle subordonné se glisse alors dans le nid pour y ajouter sa propre laitance, et la femelle remonte aussitôt en amont de la fosse pour recommencer à creuser — le gravier déplacé recouvrant la ponte précédente.
Une femelle dépose de sept cents à quatre mille œufs par séquence, de trois à six millimètres, dont la taille dépend directement de la sienne. Les alevins éclosent à douze ou vingt millimètres, bien développés et pourvus d’une grosse vésicule.
Les mâles mûrissent généralement à deux ans, les femelles à trois. La ponte s’étale de novembre à mai dans l’hémisphère nord, d’août à novembre dans l’hémisphère sud.
Un point mérite d’être connu, car il explique pourquoi l’espèce ne s’installe pas partout où on la lâche : elle ne fonde pas de population reproductrice si le pic d’émergence des alevins tombe pendant la saison des crues, ni si les étés restent froids, ni si la température ne descend jamais sous treize degrés. Dans beaucoup de rivières françaises, l’arc-en-ciel présent vient du repeuplement et non d’une reproduction naturelle.
L’eau qu’il lui faut
L’arc-en-ciel veut de l’eau claire et froide : têtes de bassin, ruisseaux, rivières de toutes tailles, lacs, et zones intertidales pour la forme migratrice. Elle tolère mieux le réchauffement que la fario, ce qui explique qu’on la trouve plus bas dans les bassins et dans des eaux où celle-ci ne tient plus.
Elle occupe la colonne d’eau plus largement que la truite commune, jusqu’à deux cents mètres pour les formes marines, et se montre moins strictement liée à un abri. C’est une différence de tempérament qui compte pour qui la cherche : là où une fario tient un poste précis derrière un obstacle, une arc-en-ciel patrouille davantage.
Les populations côtières sont anadromes — elles descendent en mer et reviennent frayer en rivière. Les formes de lac font le même parcours à l’échelle du plan d’eau, remontant parfois loin dans les tributaires.
Zones
- Rivières
- étangs
- lacs
Techniques
- Leurres
- Mouches
- Vers
- Teignes
Appâts
- Cuiller
- Poisson-nageur
- Mouches
Ce qu’il mange
L’arc-en-ciel se nourrit d’invertébrés aquatiques et terrestres et de petits poissons. En mer, elle prend du poisson et des céphalopodes.
Cet opportunisme, plus large que celui de la fario, participe de sa réussite hors de son aire d’origine : elle s’accommode de ce qu’elle trouve, y compris dans des eaux dont la faune ne lui était pas familière.
Comment le pêcher
L’arc-en-ciel a la réputation d’être plus facile que la fario, et c’est en partie mérité : elle est moins méfiante, patrouille davantage et occupe des postes moins précis. Une prospection large donne des résultats là où la fario exige une approche poste par poste.
Cette même mobilité change la façon de la chercher. En lac, elle suit la nourriture dans la colonne d’eau selon l’heure et la température, et la profondeur de présentation compte plus que le choix de l’appât. En rivière, elle tient les veines de courant et les zones de bonne oxygénation.
Sa présence dans une eau donnée vient souvent d’un déversement, ce qui a une conséquence pratique : les poissons récemment introduits se comportent différemment des poissons établis depuis plusieurs saisons — les premiers se prennent près du point de lâcher et sur presque tout, les seconds redeviennent progressivement méfiants et se rapprochent du comportement d’une truite sauvage.
Le combat est enfin une signature de l’espèce. L’arc-en-ciel saute, souvent et haut, dès qu’elle est piquée. Une bannière tendue au moment du saut casse le fil ou décroche l’hameçon : il faut donner du mou quand le poisson sort de l’eau, ce qui est contre-intuitif.
Conservation
L’arc-en-ciel est abondante partout, et le problème qu’elle pose n’est pas celui de sa survie.
C’est l’inverse : là où elle a été introduite, elle concurrence des espèces natives qui n’avaient pas de rival direct. Plusieurs pays la considèrent comme une espèce à surveiller, et certaines régions ont cessé de la déverser dans les eaux abritant des salmonidés indigènes.
Le repeuplement pose une seconde question, moins visible. Un poisson d’élevage lâché dans une rivière n’a ni le comportement ni la génétique d’un poisson sauvage, et là où l’arc-en-ciel se reproduit effectivement, ces apports répétés modifient les populations établies.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Le nom vient de la bande colorée du flanc. La forme migratrice de mer porte un nom à part en anglais, steelhead, alors qu’il s’agit de la même espèce sous une autre forme de vie — la distinction est si ancrée que les deux sont souvent gérées séparément. Les germanophones disent Regenbogenforelle, les hispanophones trucha arcoíris.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org