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EspècesNœuds
Requin bordé
Photo : Piscary

Requin bordé

Carcharhinus limbatus · Carcharhinidae

  • Mer
  • Requins & raies
  • Moyen
  • Réglementé
  • Dangereux
  • Taille

    150–286 cm

  • Poids

    23–123 kg

  • Longévité

    12 ans

  • Profondeur

    0–140 m

Où le pêcher

  • Estuaire
  • Récif
  • Plage

Icônes des milieux : Flaticon

Le requin bordé est un requin côtier élancé reconnaissable aux pointes noires bien marquées sur les nageoires pectorales, dorsale et caudale. Très actif en surface, il chasse en bancs de poissons dans les eaux littorales chaudes du monde entier.

Calendrier

Signalée dans 32 pays

Afrique du Sud · Allemagne · Australie · Autriche · Bahamas · Cameroun · Congo-Brazzaville · Côte d’Ivoire · Équateur · Espagne · États-Unis · Gabon · Ghana · Guinée · Guinée-Bissau · Guyane française · Îles Féroé · Indonésie · Italie · Liberia · Malaisie · Maldives · Mexique · Mozambique · Nigeria · Polynésie française · Porto Rico · Royaume-Uni · Sénégal · Sierra Leone · Svalbard et Jan Mayen · Tchéquie

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’aire couvre les eaux chaudes des trois océans, de quarante-cinq degrés nord à trente-huit degrés sud, Méditerranée comprise. Sa forme mérite d’être lue de près.

Ce requin fréquente les plateaux continentaux mais aussi les plateaux insulaires, et la nuance change tout. Hawaii, Tahiti, les Marquises et les Galápagos n’offrent qu’un liseré de fond peu profond au milieu d’une masse d’eau profonde : une espèce strictement côtière ne les atteindrait jamais, une espèce strictement océanique ne s’y fixerait pas. Celle-ci fait les deux, et sa répartition n’est pas un ruban continu le long des rivages mais un ruban complété par des îlots isolés à des milliers de kilomètres de toute côte.

Le reconnaître

Une seule marque noire résiste à l’âge, et c’est celle des pelviennes. Toutes les autres — extrémités des dorsales, des pectorales, de l’anale et du lobe inférieur de la caudale — sont noires ou enfumées chez le jeune et s’effacent avec la croissance. Un adulte peut donc porter le nom de l’espèce sans en montrer les signes, à cette tache près, qui reste.

Un second repère se lit sur le flanc d’un poisson frais : une bande sombre part vers l’arrière de chaque côté et s’arrête à peu près à l’aplomb de l’origine des pelviennes. Elle tranche sur un dos gris foncé, bleu cendré ou bronze terne, au-dessus d’un ventre blanc ou blanc jaunâtre.

La silhouette est celle d’un chasseur rapide. Museau long, étroit, pointu ; fentes branchiales longues ; dents supérieures dressées, à cuspide étroite, faites pour retenir plus que pour trancher ; première dorsale haute. La ligne médiane du dos ne porte rien entre les deux nageoires.

C’est cette absence qui fait le tri. Elle est partagée avec le requin bouledogue, dont le museau est court et carré quand celui-ci finit en pointe fine — l’écart se voit à distance. Face au requin gris, qui a lui aussi une première dorsale imposante, la crête dorsale suffit : présente chez l’un, absente chez l’autre. Les tailles restent modestes pour le genre : un mètre cinquante pour un poisson courant.

La reproduction

Une femelle isolée en captivité a produit des jeunes sans mâle. La parthénogenèse est documentée chez cette espèce, et c’est un fait rare chez les requins — mais il ne s’agit pas d’un mécanisme de secours : la descendance ne porte que le patrimoine maternel, et rien n’indique que la population sauvage y recoure.

Le mode ordinaire reste la viviparité placentaire, un à dix jeunes par portée, dix à douze mois de gestation, une naissance entre trente-huit et soixante-douze centimètres, le plus souvent cinquante-cinq à soixante-six. L’accouplement suppose un appariement avec enlacement.

Le rythme est ce qui pèse. Les femelles ne se reproduiraient qu’une année sur deux, elles mûrissent entre un mètre vingt et un mètre quatre-vingt-quatorze, et l’âge maximal relevé n’est que de douze ans. Une existence aussi brève, coupée de saisons blanches, laisse peu de portées derrière chaque femelle.

Les mises bas ont lieu près du bord. Les gestantes gagnent la côte pour déposer leurs petits, et les zones de naissance comme les nurseries se situent dans le petit fond. Tout le renouvellement de l’espèce se joue donc sur une bande étroite de littoral.

L’eau qu’il lui faut

Il tient les embouchures, les baies vaseuses, les mangroves, les lagunes et les tombants de récif. La gamme de profondeur va de la surface à cent quarante mètres, mais l’essentiel se passe dans les trente premiers. Selon les moments, il se tient près du fond ou en pleine eau.

Les jeunes, eux, sont communs le long des plages. Cette séparation verticale et côtière entre les classes d’âge explique qu’on rencontre rarement les deux ensemble : la nurserie est dans le déferlement, les adultes travaillent plus loin et plus profond.

Zones

  • Estuaires et deltas fluviaux
  • Baies côtières peu profondes
  • Abords de récifs côtiers
  • Plages et zones de surf tropicales

Techniques

  • Pêche au fond depuis un bateau
  • Pêche à la dérive avec appât naturel
  • Ligne de fond lestée en estuaire
  • Pêche du bord en zone peu profonde

Appâts

  • Poissons entiers ou en morceaux
  • Calamars frais
  • Crevettes grossières
  • Morceaux de maquereaux ou sardines

Ce qu’il mange

Il mange surtout du poisson, pélagique ou benthique, et complète avec de petits requins, des raies, des céphalopodes et des crustacés. Aucune de ces proies ne demande de broyer.

La denture correspond : des cuspides étroites et dressées saisissent et percent, elles ne concassent pas. Cela oriente les appâts vers le poisson entier ou coupé et disqualifie les coquillages, que d’autres membres de la famille consomment volontiers.

Comment le pêcher

Il termine sa chasse en l’air. Le requin bordé traverse un banc de poissons de bas en haut, gueule ouverte, et emporte sa vitesse hors de l’eau : il sort en tournant sur son axe et retombe à plat. Ce n’est pas un accident de combat mais la fin normale d’une attaque menée à la verticale.

Ce comportement dit ce qu’il faut proposer. On a affaire à un poursuivant de pleine eau qui travaille des bancs, pas à un fouilleur de fond ni à un charognard posté. Un appât qui se comporte comme un poisson dans la colonne d’eau vaut mieux qu’un morceau immobile sur le sable.

C’est aussi l’un des rares requins de cette taille que l’on prend régulièrement depuis le rivage, précisément parce que ses jeunes vivent contre les plages. La conséquence tient au matériel : un poisson bâti pour la vitesse, pris depuis le sable, part loin et le frein doit être réglé avant, pas pendant.

Le risque, lui, est concentré au décrochage. L’espèce n’est mise en cause que dans très peu d’attaques, mais elle est dangereuse quand on la provoque, et un animal maintenu sur le sec est un animal provoqué. Le travail se fait dans l’eau, la queue tenue, la tête laissée immergée.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Dangereux — Manipulation à risque : matériel, remise à l'eau et sécurité doivent être adaptés.

Conservation · Vulnérable (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.

Conservation

Tout le recrutement de l’espèce se fait à moins de quelques mètres de fond. Les femelles gravides entrent au bord pour mettre bas, les petits restent le long des plages, et cette bande côtière est aussi celle des ports, des dragages, des remblais et de la coupe des mangroves. Un stock peut rester correct au large et cesser d’être alimenté, sans qu’aucune capture d’adulte n’en soit la cause.

La démographie n’offre aucune marge pour absorber le choc. Une reproduction une année sur deux, dix jeunes au plus, douze ans de vie : là où d’autres requins compensent une mauvaise décennie par leur longévité, celui-ci n’en a pas les moyens.

L’exploitation est commerciale et porte sur tout l’animal : la chair pour la consommation, la peau pour le cuir, le foie pour l’huile. Ses exportations sont suivies au titre de l’annexe II de la CITES, un régime de déclaration qui ne fixe aucun plafond de prises.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Requin bordé en français, et l’épithète limbatus dit la même chose en latin : bordé, ourlé. La plupart des langues ont retenu la marque — blacktip shark, Schwarzspitzenhai, squalo pinna nera désignent tous des pointes noires.

Le paradoxe est que ces noms décrivent un poisson jeune. Chez l’adulte, il ne reste que la tache des pelviennes, et l’espèce porte donc partout le souvenir d’une livrée qu’elle perd. L’espagnol tiburón macuira et le portugais du Brésil tubarão-flamengo ont choisi d’autres pistes, sans rapport avec les nageoires.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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