
Thon obèse
Thunnus obesus · Scombridae
- Mer
- Grands pélagiques
- Moyen
- Réglementé
- Taille
180–250 cm
- Poids
90–210 kg
- Longévité
17 ans
- Temp. eau
13–29 °C
- Profondeur
0–1 500 m
Où le pêcher
- Large
Icônes des milieux : Flaticon
Le thon obèse est un grand thon pélagique de la famille des Scombridae, reconnaissable à sa tête massive et à ses grands yeux adaptés à la chasse en profondeur. Présent dans tous les océans tropicaux et tempérés, il plonge régulièrement à des centaines de mètres pour chasser, contrairement aux autres thons plus côtiers.
Calendrier
Signalée dans 65 pays
Allemagne · Anguilla · Antigua-et-Barbuda · Australie · Bahamas · Belgique · Bermudes · Brésil · Canada · Cap-Vert · Chili · Comores · Congo-Brazzaville · Côte d’Ivoire · Cuba · Danemark · Dominique · Espagne · États-Unis · France · Gabon · Ghana · Groenland · Guadeloupe · Guinée · Guinée équatoriale · Guyana · Guyane française · Haïti · Île Christmas · Îles Cocos · Îles Féroé · Îles Vierges britanniques · Îles Vierges des États-Unis · Inde · Indonésie · Irlande · Islande · Kenya · Liberia · Madagascar · Martinique · Mauritanie · Mayotte · Mexique · Mozambique · Norvège · Pays-Bas · Pays-Bas caribéens · Porto Rico · Portugal · République dominicaine · Royaume-Uni · Sahara occidental · Sao Tomé-et-Principe · Sénégal · Seychelles · Sierra Leone · Somalie · Suriname · Svalbard et Jan Mayen · Tanzanie · Terres australes françaises · Territoire britannique de l’océan Indien · Venezuela
Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.
Son aire de répartition
L’espèce occupe les eaux tropicales et subtropicales des trois océans, de cinquante-deux degrés nord à quarante-huit degrés sud, et manque à la Méditerranée.
Sa présence ne se lit pas sur une carte figée. Les variations d’occurrence suivent de près les changements saisonniers et climatiques de la température de surface et de la position de la thermocline : ce que le poisson recherche, c’est une structure thermique, et cette structure se déplace. Une zone productive une année peut ne rien donner la suivante sans que le stock ait bougé en abondance.
Le reconnaître
Le caractère qui identifie l’adulte égare sur le jeune. Passé cent dix centimètres à la fourche, la pectorale du thon obèse est moyennement longue, entre vingt-deux et trente et un pour cent de cette longueur. En dessous, elle est très longue, aussi longue que celle d’un germon. Un petit thon obèse se prend donc pour un germon, et c’est la confusion la plus fréquente du genre.
Deux critères permettent de trancher sur un petit sujet. Les extrémités des pectorales sont arrondies chez le jeune thon obèse, effilées chez le germon. Et le compte des branchiospines du premier arc, vingt-trois à trente et une, reste inférieur à celui de l’albacore.
Pour le reste, la silhouette est robuste, en fuseau, légèrement comprimée. Les deux dorsales sont séparées par un intervalle étroit ; huit à dix pinnules suivent la seconde, sept à dix suivent l’anale. Deux lobes forment le processus interpelvien. Le corselet d’écailles épaissies existe sans se détacher nettement. Le pédoncule caudal est très fin, avec une carène latérale forte encadrée de deux plus petites.
La livrée est franche : dos d’un bleu métallique sombre, flancs et ventre blanchâtres, et sur le vivant une bande latérale iridescente bleue. La première dorsale est d’un jaune profond, la seconde et l’anale d’un jaune clair, les pinnules d’un jaune vif bordé de noir.
Deux caractères ne se lisent que sur un poisson ouvert : la face ventrale du foie est striée, et la vessie natatoire est présente. Ils tranchent les cas difficiles à quai.
La reproduction
La ponte suit la lune. L’espèce fraie sur les périodes de pleine lune, par émissions successives séparées d’un ou deux jours, et l’ensemble s’étale sur plusieurs mois. En eaux tropicales, ce régime se maintient toute l’année.
La maturité s’atteint vers cent douze centimètres, avec une fourchette de cent à cent vingt-cinq. Rapportée à une longévité de dix-sept ans, c’est une échéance tardive pour un thon tropical.
L’eau qu’il lui faut
La profondeur est ce qui définit l’espèce. La plage enregistrée descend à mille cinq cents mètres et l’activité ordinaire couvre les cinq cents premiers, quand la plupart des thons tropicaux vivent dans une tranche bien plus mince.
La tolérance thermique va de treize à vingt-neuf degrés, mais l’optimum se resserre entre dix-sept et vingt-deux. Cette fenêtre étroite, associée à une profondeur de nage importante, place le poisson sous la thermocline pendant une grande partie de la journée.
Encore faut-il distinguer les âges. Juvéniles et petits adultes forment des bancs de surface, seuls ou mêlés à d’autres thons, et s’associent volontiers aux objets flottants. Les adultes, eux, restent en profondeur. Ce sont deux populations superposées, et la gamme de profondeur à laquelle on travaille détermine la classe d’âge que l’on rencontre.
Zones
- Pleine mer profonde
- Sous la thermocline
- Autour des DCP offshore
- Zones de remontée d'eaux profondes
Techniques
- Jigging profond
- Traîne lente (deep sea)
- Pêche sur DCP nocturne
- Vif en profondeur
Appâts
- Calmars profonds
- Poissons vifs (maquereau, sardine)
- Jigs lourds
- Leurres naturels en profondeur
Ce qu’il mange
Le thon obèse mange des poissons, des céphalopodes et des crustacés, sur une gamme très large, et il le fait de jour comme de nuit. Cette alimentation continue est cohérente avec un animal qui accompagne ses proies dans leurs déplacements verticaux au lieu de les attendre en surface.
Comment le pêcher
Tout se joue sur la tranche d’eau. Présenter dans les vingt premiers mètres revient à chercher des juvéniles autour d’un objet dérivant ; atteindre l’adulte suppose de descendre sous la thermocline, dans une couche que la traîne de surface ne touche jamais. La profondeur à laquelle on pêche fixe la taille des poissons rencontrés bien plus sûrement que le choix du secteur.
La lecture de l’eau porte donc sur la structure verticale plutôt que sur la surface : rupture thermique, épaisseur de la couche de mélange, position de la thermocline. Les indices classiques du large — oiseaux, objets flottants — désignent la fraction jeune du stock.
Le calendrier de ponte offre un repère supplémentaire dans les eaux tropicales, où l’activité de reproduction se cale sur les pleines lunes.
Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.
Conservation · Vulnérable (UICN) — Cette espèce est menacée d'extinction. Relâche-la systématiquement (no-kill), manipule-la avec le plus grand soin et vérifie la réglementation locale — sa pêche peut être interdite.
Conservation
La pêcherie prélève massivement le poisson avant qu’il ne se reproduise, et c’est là que se joue le sort de l’espèce. Les juvéniles se rassemblent en surface autour des objets dérivants, exactement là où opèrent les engins tournants du large ; les adultes tiennent la profondeur, hors d’atteinte de ces mêmes engins. Un stock dont la fraction capturable est presque entièrement immature ne renouvelle pas ce qu’on lui retire, et la maturité tardive, autour de cent douze centimètres, aggrave le décalage.
Le déclin mesuré sur cette base place le thon obèse dans une situation nettement plus défavorable que celle de l’albacore, qui partage pourtant ses eaux, ses bancs de surface et ses engins de capture. La différence entre les deux ne tient pas à l’intensité de la pression mais à ce qu’elle atteint : chez le thon obèse, les engins de surface ne rencontrent presque jamais un reproducteur.
La valeur de la chair entretient l’effort. Le thon obèse alimente le marché du sashimi au Japon, où il est très recherché, en plus des filières de conserve et de congélation.
Réglementation
Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas). Espèce sous surveillance — vérifier les quotas ICCAT/IOTC/WCPFC.
À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.
Autres noms
Thon obèse ou thon ventru en français, deux noms qui décrivent la silhouette. Presque partout ailleurs, c’est l’œil qui donne le nom : bigeye tuna en anglais, patudo en espagnol et en portugais, mebachi en japonais, où le mot désigne également un grand œil. Cette convergence n’est pas fortuite pour un poisson qui passe ses journées sous la thermocline, dans une lumière très réduite. L’italien, lui, a suivi le latin avec tonno obeso.
Sources : fishbase.se · api.gbif.org