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EspècesNœuds
Thon albacore
Photo : Piscary

Thon albacore

Thunnus albacares · Scombridae

  • Mer
  • Grands pélagiques
  • Moyen
  • Réglementé
  • Taille

    150–239 cm

  • Poids

    55–200 kg

  • Longévité

    18 ans

  • Temp. eau

    15–31 °C

  • Profondeur

    1–1 602 m

Où le pêcher

  • Large

Icônes des milieux : Flaticon

Le thon albacore est un thon pélagique de la famille des Scombridae, reconnaissable à ses nageoires dorsale et anale jaune vif très allongées chez les adultes. Présent dans toutes les mers tropicales et subtropicales du globe, c'est l'une des espèces de thons les plus abondantes et les plus pêchées au monde.

Calendrier

Signalée dans 85 pays

Afrique du Sud · Allemagne · Angola · Anguilla · Antigua-et-Barbuda · Aruba · Australie · Autriche · Bahamas · Bénin · Bermudes · Brésil · Cameroun · Canada · Cap-Vert · Chili · Colombie · Comores · Congo-Brazzaville · Costa Rica · Côte d’Ivoire · Cuba · Danemark · Dominique · Équateur · Espagne · États-Unis · Finlande · France · Gabon · Ghana · Groenland · Guadeloupe · Guinée · Guinée équatoriale · Guinée-Bissau · Guyana · Guyane française · Haïti · Île Christmas · Îles Cocos · Îles Féroé · Îles Salomon · Îles Vierges britanniques · Îles Vierges des États-Unis · Inde · Indonésie · Irlande · Islande · Italie · Japon · Kenya · Liberia · Madagascar · Martinique · Maurice · Mauritanie · Mayotte · Mexique · Mozambique · Nigeria · Norvège · Nouvelle-Zélande · Pays-Bas · Pays-Bas caribéens · Philippines · Porto Rico · Portugal · République dominicaine · Royaume-Uni · Sahara occidental · Sao Tomé-et-Principe · Sénégal · Seychelles · Sierra Leone · Somalie · Suède · Suriname · Svalbard et Jan Mayen · Tanzanie · Terres australes françaises · Territoire britannique de l’océan Indien · Togo · Venezuela · Yémen

Signalements GBIF — espèces natives et introduites confondues.

Son aire de répartition

L’albacore occupe les mers tropicales et subtropicales du monde entier, à une exception notable : il est absent de Méditerranée. C’est une espèce hautement migratrice, qui traverse les océans au cours de sa vie.

Cette absence méditerranéenne mérite d’être connue, car elle sépare l’albacore du thon rouge, qui y est présent et s’y reproduit. Un thon pris en Méditerranée n’est pas un albacore.

Le reconnaître

Chez les grands sujets, la deuxième dorsale et l’anale s’allongent en faux jusqu’à dépasser le cinquième de la longueur du poisson. C’est la signature de l’albacore, et elle explique son nom anglais de thon à nageoires jaunes : ces deux lames incurvées sont d’un jaune vif.

Sur un poisson plus petit, où ces nageoires n’ont pas encore poussé, il faut compter. Vingt-six à trente-quatre branchiospines sur le premier arc, huit à dix pinnules derrière la deuxième dorsale et sept à dix derrière l’anale, trente-neuf vertèbres. Les pectorales sont moyennement longues et dépassent l’origine de la deuxième dorsale sans atteindre la fin de sa base — un rapport qui le sépare du thon obèse, dont les pectorales sont nettement plus longues.

Le corps est fuselé, légèrement comprimé, couvert de très petites écailles. Le corselet d’écailles plus grandes existe mais reste peu marqué. Le pédoncule caudal est extrêmement fin, porteur d’une carène de chaque côté.

La reproduction

L’albacore pond dans les eaux tropicales et équatoriales des grands océans. Aux latitudes élevées, la ponte est saisonnière avec un pic en été ; près de l’équateur, elle peut se poursuivre toute l’année.

C’est un pondeur fractionné : il fraie tous les quelques jours pendant toute la période, plutôt qu’en une fois. Œufs et laitance sont libérés en pleine eau et la fécondation est externe ; œufs et larves sont pélagiques et dérivent avec les courants.

La maturité arrive autour d’un mètre trois en moyenne, avec une fourchette de soixante-dix-huit centimètres à un mètre cinquante-huit selon les stocks. L’âge maximal rapporté est de dix-huit ans, ce qui est court au regard de la taille atteinte : c’est un poisson qui grandit vite.

L’eau qu’il lui faut

C’est une espèce océanique, présente au-dessus comme au-dessous de la thermocline, en pleine eau. On la voit rarement près des récifs.

Sa limite est l’oxygène. L’albacore est sensible aux faibles concentrations, ce qui explique qu’on ne le capture généralement pas sous deux cent cinquante mètres sous les tropiques, alors que sa plage de profondeur théorique descend bien plus bas. Cette contrainte physiologique le maintient dans une couche relativement fine, ce qui est un fait central pour qui le cherche.

Il vit en bancs, structurés par la taille plutôt que par l’espèce : un banc peut mêler plusieurs thons de gabarit voisin. Les gros sujets s’associent fréquemment aux dauphins, et l’espèce entière est attirée par les objets flottants — épaves, radeaux d’algues, débris.

Zones

  • Haute mer tropicale
  • Autour des DCP et objets flottants
  • Zones d'upwelling équatorial
  • Abords d'îles et de seamounts

Techniques

  • Traîne hauturière
  • Pêche sur DCP
  • Popping de surface
  • Jigging vertical

Appâts

  • Calmars naturels
  • Poissons vifs (chicard, sardinelle)
  • Leurres de traîne
  • Poppers

Ce qu’il mange

L’albacore mange des poissons, des crustacés et des céphalopodes. Sa position dans la colonne d’eau et sa sensibilité à l’oxygène orientent ce régime vers les proies de la couche superficielle.

Son association avec les objets flottants n’est pas un hasard alimentaire : ces objets concentrent une petite faune qui attire à son tour des poissons-fourrage, et le thon vient à la fin de cette chaîne. C’est le principe qui a donné naissance aux dispositifs de concentration de poissons utilisés par la pêche professionnelle.

Comment le pêcher

La pêche de l’albacore commence par la recherche, et les indices sont en surface : oiseaux au travail, dauphins, objets dérivants, changements de couleur de l’eau, lignes de courant où deux masses se rencontrent. Un banc trouvé est un banc qu’il faut aborder sans le disperser.

L’association avec les dauphins est le signe le plus fiable, et le plus ancien : les pêcheurs suivent les mammifères pour trouver les thons, technique qui a d’ailleurs posé de sérieux problèmes à la pêche industrielle avant que les pratiques ne changent.

Le combat est une affaire de résistance. Un albacore ne saute pas : il plonge et tourne en profondeur, sur des durées qui mettent le matériel et le pêcheur à l’épreuve. Le frein doit être réglé pour laisser filer sans céder, et une pression constante vaut mieux que des à-coups.

Enfin, la couche d’oxygène a une conséquence pratique : inutile de chercher plus profond que deux cent cinquante mètres sous les tropiques. La zone utile est plus fine qu’on ne l’imagine.

Réglementé — Capture souvent encadrée par quotas, tailles, saisons ou déclarations.

Conservation

L’albacore se porte mieux que plusieurs autres thons, et il le doit à sa biologie plus qu’à sa gestion : une croissance rapide et une maturité précoce font un stock qui se renouvelle vite, donc qui encaisse mieux la pression.

Cela ne le met pas hors de portée. L’espèce fait l’objet d’une gestion internationale par grandes régions océaniques, et l’état des stocks varie fortement de l’une à l’autre. Une population du Pacifique central et une population de l’océan Indien ne se jugent pas ensemble.

Sa valeur commerciale, en particulier pour la consommation crue, entretient une pression continue. La pêche de loisir y pèse peu, mais elle partage la ressource.

Réglementation

Consulter la réglementation locale en vigueur (taille légale, périodes de fermeture, quotas).

À titre indicatif. Les tailles légales, quotas et périodes d’ouverture varient selon le lieu et la saison : vérifie toujours la réglementation locale en vigueur avant de pêcher.

Autres noms

Albacore en français, yellowfin tuna en anglais pour ses nageoires jaunes, rabil en espagnol, tonno albacora en italien. Attention à un faux ami tenace : le mot albacore désigne en anglais le germon, une autre espèce, ce qui provoque des confusions régulières dans les traductions de réglementations et d’étiquettes.

Sources : fishbase.se · api.gbif.org

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